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Analyse et adoption du Projet de loi portant Fixation du Budget Général de la République du Burundi pour l’exercice 2012

Publié samedi 28 janvier 2012
parChristine Nahimana
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Les secteurs de l’agri-élevage et de l’énergie placés parmi les grandes priorités du Gouvernement

Une somme de 1026,2 milliards de francs burundais, c’est le montant des charges du Budget Général de l’Etat pour l’exercice 2012 tel que stipule le projet de loi portant Fixation du Budget Général de la République du Burundi pour l’exercice 2012 qui a été adopté à l’unanimité par les honorables députés lors de la séance plénière de la soirée de samedi 17 décembre 2011. Ce budget qui a vu un accroissement de 18,3% par rapport à celui de l’exercice précédent enregistre des recettes à hauteur de 54% et les dépenses, à hauteur de 46%.

Selon la Ministre des Finances, Clotilde Nizigama, les recettes courantes, au 31 septembre 2011, totalisent un montant de 352.4 milliards de FBU sur des prévisions annuelles de 438.3 milliards de FBU, soit un taux de réalisation de 80.4%. D’après les projections de fin d’année, les prévisions seront dépassées. En effet, a-t-elle expliqué, les réalisations au 31 décembre 2011 sont projetées à 470.9 milliards de FBU, soit un taux de réalisation de 107,5%, grâce à l’opérationnalisation de l’Office Burundais des Recettes.

Les recettes fiscales hors exonérations en 2012 sont estimées à 507.2 milliards de FBU contre 412.6 milliards de FBU en 2011. Les ressources du Budget Général de l’Etat (dons compris) passent de 927.4 milliards à 1096.4 milliards de FBU, soit une augmentation de 18.2%.

Concernant les dépenses, la déléguée du Gouvernement a souligné que l’objectif principal de la politique des dépenses en 2012 est d’améliorer sensiblement la composition des dépenses en faveur des secteurs porteurs de croissance économique, en vue d’accélérer les progrès vers le développement durable et stable.

Au niveau des dépenses, les principales mesures d’économie de budget prévues dans le budget 2012 sont essentiellement :

  1. Le gel du recrutement au niveau de la Fonction Publique, sauf les secteurs sociaux prioritaires comme l’Education et la Santé Publique ;
  2. La mise à la retraite des fonctionnaires civils, militaires et policiers ayant atteint l’âge légal de la retraite ;
  3. La compression des dépenses liées au fonctionnement au profit des dépenses d’investissement, notamment les frais de mission et les dépenses relatives au charroi de l’Etat grâce à la réforme du secteur déjà entamée.

Les dépenses courantes passent de 573.0 milliards de FBU en 2011 à 613.9 milliards de FBU en 2012, soit un accroissement de 7.1% lié essentiellement aux charges salariales, aux transferts et subsides et au versement d’intérêts intérieurs.

Les charges salariales passent de 272,4 milliards de FBU en 2011 à 280,7 milliards de FBU en 2012, soit une augmentation de 3,0%. Cet accroissement est l’effet combiné des deux facteurs suivants :

Les annales 2011 pour un montant de 8,5 milliards de FBU ;

Le recrutement de 3.500 enseignants au primaire, 1.500 enseignants et 1.377 encadreurs au secondaire, 644 agents de santé dont 44 médecins et 600 personnels de santé ; tous ces recrutements auront un impact budgétaire de 11,6 milliards de FBU.

Cependant, cet impact à la hausse est atténué par le montant de la transposition de 22 milliards qui n’était qu’une mesure ponctuelle de 2011.

Pour les dépenses d’investissement, les secteurs ayant bénéficié d’augmentations de crédits budgétaires sont les suivants :

  1. Le secteur de l’Agriculture et l’Elevage a un crédit d’investissement de 38,6 milliards de FBU en 2012 contre 36,3 milliards de FBU en 2011, soit une augmentation de 6,3%. En somme le budget total (fonctionnement et investissement) du Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage passe de 7.6% à 11,8% du budget total de l’Etat de 2011 à 2012. Cette importante affectation de ressources au secteur de l’Agriculture et de l’Elevage montre combien le Gouvernement est déterminé à promouvoir ce secteur dont vivent plus de 90% de la population burundaise, cela dans le but d’assurer la sécurité alimentaire.
  2. Le secteur de l’Energie a un crédit d’investissement de 24,2 milliards de FBU en 2012 contre 14,9 milliards de FBU en 2011, soit une augmentation de 62,4%. En somme le budget total (fonctionnement et investissement) du Ministère de l’Energie et Mines passe de 4,1% en 2011 à 9,3% en 2012 du budget total de l’Etat. Le Gouvernement compte adopter une stratégie à deux volets afin de répondre à la pénurie de l’énergie électrique et de l’état défectueux du réseau de distribution qui constituent des handicaps majeurs pour la compétitivité de l’économie nationale et pour attirer des investisseurs étrangers.
  3. Le secteur de l’Eau, de l’Environnement, de l’Aménagement du territoire et de l’Urbanisme a un crédit de 2 milliards de FBU qui a été accordé au programme de reboisement tandis que deux crédits de 1 milliard et 500 millions de FBU sont destinés respectivement à l’aménagement des ravins de Nyabagere et aux aménagements préliminaires du site sur lequel sera construit le palais présidentiel. Quant aux adductions d’eau potable, la principale allocation budgétaire concerne l’acquisition des tuyaux et accessoires pour des réseaux d’adduction d’eau potable pour un montant de 2 milliards de FBU.
  4. Le secteur des Infrastructures a un crédit d’investissement de 7,9 milliards de FBU en 2011 contre 9 milliards de FBU en 2012, soit une augmentation de 14%.
  • Ces dépenses représentent 7,1% des ressources nationales allouées à l’investissement estimées à 125,5 milliards de FBU ;
  • Le secteur bénéficiera également de ressources extérieures à hauteur de 69,6 milliards de FBU, ce qui porte le montant affecté à ce secteur à 78,6 milliards de FBU, soit 13,1% du budget total d’investissement de 597,8 milliards de FBU (y compris les tirages sur dons et prêts).

Le déficit global du projet du Budget Général 2012 s’élève à 115,3 milliards de FBU contre 98,8 milliards de FBU en 2011.

Les honorables députés ont apprécié le Parlement qui a prêché par le bon exemple en réduisant son budget mais se sont demandés pourquoi la Présidence de la République a gardé son budget.

Pour Madame Clotilde Niyonzima, parmi les avantages du Chef de l’Etat, on avait omis les soins médicaux.

D’autres se sont interrogés sur le bien fondé de l’adoption de la loi budgétaire alors qu’ils ne sont pas informés sur l’état d’exécution. Le membre du gouvernement a rassuré les honorables députés qu’elle envoie tous les trois mois un rapport sur l’état d’exécution du budget à la Cour des Comptes qui est au service du Parlement.

Les honorables députés ont fait un clin d’œil au Gouvernement en matière de coordination des aides. Ils jugent que c’est aux bénéficiaires d’élaborer des priorités et non aux partenaires d’imposer les leurs. Ils ont aussi recommandé au Gouvernement de prendre des mesures nécessaires pour adapter le cycle budgétaire à celui de l’EAC.

Christine Nahimana

 
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