Assemblée Nationale du Burundi

 

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Audience au Chef de la Délégation de la Commission de l’Union Européenne au Burundi

Publié mercredi 13 octobre 2010
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Vendredi le 8 octobre 2010, le Président de l’Assemblée Nationale, l’Honorable Pie Ntavyohanyuma, a accordé une audience à l’Ambassadeur Alain Darthenucq, Chef de la Délégation de la Commission l’Union Européenne au Burundi. Le diplomate européen a annoncé que sa mission de quatre ans ayant pris fin, il était venu faire ses adieux.

L’Ambassadeur Alain Darthenucq a fait remarquer qu’à son arrivée, une certaine coopération existait déjà et il l’a redynamisée en s’occupant à la fois de la politique et de la coopération, qui sont complémentaires. Pour lui, quatre ans passés au Burundi constituent une très riche expérience. S’agissant de la pauvreté, il a souligné que la situation n’a pas fondamentalement changé, mais que des progrès sont en train d’être enregistrés. Parlant du travail parlementaire, le Chef de la Délégation de la Commission l’Union Européenne au Burundi a espéré que la législature qui commence sera moins difficile que la précédente grâce à une majorité confortable que le Parti qui a gagné les élections a reçue au niveau des deux chambres du Parlement. Il est évident que cette majorité donne à l’actuel leadership toute la responsabilité. Il a également fait remarquer qu’avoir tout le pouvoir suscite plus d’attention de la part de la communauté internationale. Avec le discours du Président de la République qui annonce son programme, tout le chemin est tracé, la voie vers un Burundi où il fait beau vivre est là et la communauté internationale va l’appuyer.

A son tour, après avoir remercié le Représentant de l’Union Européenne pour ses félicitations, le Président de l’Assemblée Nationale a reconnu que les Ambassadeurs de la France et de la Belgique ainsi que le Chef de la Délégation de l’Union Européenne ont beaucoup aidé dans le processus électoral. Ils ont également beaucoup aidé le Parlement qui a tiré beaucoup d’expérience de leurs échanges avec ces ambassadeurs qui ont été compréhensifs.

Pour l’Honorable Pie Ntavyohanyuma, le départ de ces diplomate est source d’émotion : ils ont fait un travail excellent au Burundi, un travail qui a développé la coopération et aidé à résoudre la crise que la première législature d’après les négociations d’Arusha avait connue ; ils méritent des félicitations.

Le Représentant de l’Union Européenne a résumé le bilan de son action en affirmant qu’au niveau de la coopération, plus de 370 millions d’Euros ont été octroyés au Burundi par l’Union Européenne et qu’entre 2010 et 2013, une grande enveloppe financière de l’Union Européenne est prévue pour ce pays. Même si les bases du développement sont jetées, celui-ci a réalisé que le développement d’un pays en crise comme le Burundi passe par de grands efforts financiers. En comparant la période 2004-2005 à aujourd’hui, il s’est rendu compte que beaucoup de choses ont été réalisées au Burundi, notamment dans la construction des infrastructures routières, au niveau de la bonne gouvernance et dans l’appui budgétaire. Il a beaucoup apprécié le dialogue qu’il y a eu pour que certaines questions soient résolues ; il y a eu des miracles comme la mise en place de la CENI, du texte régissant la CENI et du Code électoral qui avaient créé des impasses. Au moment où il part, le Parti qui a gagné les élections est conscient qu’il a beaucoup de responsabilités et il y a des signes d’une main tendue, des signes d’espoir dans le sens d’une ouverture

Concernant le retrait de certains partis politiques du processus électoral de 2010, cela est dû au manque d’expérience. Ces partis n’ont pas lu les textes légaux. La communauté internationale et l’Union Européenne ont essayé de ramener les partis d’opposition dans le processus électoral sans succès. Il y a eu un déni de démocratie de la part de ces partis, une immaturité et des ambitions démesurées.

Quant à la société civile, elle a été d’une grande honnêteté. Dans une conférence de presse qu’elle a tenue après les élections, la société civile burundaise a reconnu qu’il n’y avait pas eu de fraudes massives. Il faut réconcilier le Gouvernement et la société civile afin de mettre fin à la suspicion et faire revivre la confiance. Le diplomate de l’Union Européenne a par ailleurs rappelé qu’au niveau de l’Union, c’était la première fois que ses observateurs arrivaient dans un pays un mois avant la tenue effective des élections. Ces observateurs, tout comme la société civile, ont été honnêtes en ce qui concerne les résultats des différents scrutins. Dans l’avenir, il faudra clarifier les lois qui régissent les élections en établissant correctement les relations entre les différents acteurs.

S’agissant de la composition actuelle du Parlement que l’on qualifie de quasi monocolore, tout en oubliant les conditions dans lesquelles il l’a été, le Président de l’Assemblée Nationale a fait remarquer que l’opposition n’a pas été empêchée de se présenter aux élections, contrairement à ce qui se fait ailleurs en Afrique. Pour lui, ce Parlement est ce qu’il est suite à un processus électoral démocratique. Avec cette victoire, la communauté internationale observe très attentivement le Burundi ; il faut être vigilant. L’image positive du Burundi doit être restaurée. La période actuelle doit être gérée avec beaucoup de sagesse en vue d’éviter que la même situation se répète au cours des élections de 2015.

Sylvère Bavugamenshi.

 
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