Assemblée Nationale du Burundi

 

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Communication de l’Assemblée Nationale en rapport avec l’appel de quelques organisations de la Société Civile à des manifestations

Publié vendredi 16 mars 2012
parWebmestre, David NZEYIMANA
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Ces derniers jours, l’Assemblée Nationale a suivi de très près, les déclarations faites par certains membres de la Société civile au sujet de certaines des préoccupations de la population.

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Hon. François KABURA, 2ème Vice-Président de l’Assemblée Nationale

Les problèmes évoqués par les quelques organisations de la Société Civile sont relatifs à la cherté de la vie, à l’accroissement du prix de l’eau et de l’électricité fournies par la REGIDESO, ainsi que le renvoi, par l’Assemblée Nationale au Gouvernement, du projet de loi portant institution de l’impôt professionnel sur les rémunérations de certains mandataires et cadres politiques, cadres et autres agents de l’Etat.

En invoquant ces préoccupations, qui sont réelles, pour inviter la population à .arrêter le travail et prendre la rue, ces organisations font fi sciemment, à notre avis, de la réalité des causes profondes de ces différents problèmes et des efforts en cours pour y trouver des solutions appropriées.

En tant qu’institution représentative de la population, l’Assemblée Nationale voudrait faire la lumière sur ces préoccupations et donner son point de vue sur cet appel à l’arrêt du travail et aux manifestations.

Au sujet de la cherté de la vie, l’Assemblée Nationale constate qu’effectivement le coût de la vie devient très cher, mais qu’il est à situer et comprendre dans un contexte global qui va au-delà du simple cadre national.

En effet, le constat que nous faisons est que la cherté de la vie au Burundi prévaut également dans d’autres pays suite à la crise économique mondiale.

L’Assemblée Nationale usera de ses prérogatives pour accompagner le pays dans la réflexion et les efforts du Gouvernement pour faire face à ce contexte difficile pour notre pays.

Au sujet de l’accroissement du prix de l’eau et de l’électricité fournies par la REGIDESO, l’Assemblée Nationale rappelle qu’elle s’était déjà saisie de la question de la nouvelle structure des prix de l’eau et de l’électricité fournies par la REGIDESO au mois d’août de l’an dernier.

A cet effet, la Commission permanente en charge des questions de la bonne gouvernance et de la privatisation avait été mandatée pour étudier les contours de cette problématique. Elle avait notamment fait des consultations auprès des représentants des consommateurs, des gestionnaires de la REGIDESO et des représentants de la Société civile.

Dans son rapport, présenté et adopté dans la séance plénière du 03 août 2011, des recommandations avaient été formulées en vue de trouver des solutions appropriées aussi bien dans l’intérêt des consommateurs que de la REGIDESO.

Parmi ces recommandations, on notera que l’Assemblée Nationale avait demandé que la révision à la hausse des prix de l’eau et de l’électricité soit échelonnée dans le temps.

L’Assemblée Nationale avait aussi recommandé la construction de nouvelles centrales hydroélectriques pour produire l’énergie nécessaire aux besoins des consommateurs.

L’Assemblée Nationale avait enfin recommandé l’organisation d’un audit administratif et financier pour explorer les éventuelles autres voies de réduction des coûts de l’eau et de l’électricité.

L’Assemblée Nationale envisage incessamment de mener un suivi pour voir comment ces recommandations ont été rigoureusement respectées.

Au sujet du projet de loi portant institution de l’impôt professionnel sur les rémunérations de certains mandataires et cadres politiques, cadres et autres agents de l’Etat, l’Assemblée Nationale déplore la mauvaise foi dans l’interprétation faite par certaines organisations de la Société Civile au sujet du renvoi de ce projet de loi.

Nous voudrions redire encore une fois que l’Assemblée Nationale n’est pas du tout opposée à l’institutionnalisation de cet impôt, sans restriction aucune.

L’Assemblée Nationale attend seulement que les différentes lois qui doivent être préalablement révisées lui soient envoyées pour éviter de passer outre les dispositions de la Constitution et de voter ainsi une loi qui est inapplicable.

A ce propos, nous sommes avisés que le Gouvernement serait à pied d’œuvre et que des propositions de révision de tous ces textes de lois en rapport avec le Code des Impôts en général et de l’IPR en particulier pourraient incessamment parvenir à l’Assemblée Nationale.

En conclusion, et par rapport aux différents problèmes évoqués, en tant qu’institution représentative du peuple, l’Assemblée Nationale croit que la voie du dialogue est le seul moyen pour aboutir à des solutions raisonnables, appropriées et durables.

Au regard du contexte sociopolitique actuel de notre pays, l’appel de certaines des organisations de la Société Civile à la population pour arrêter le travail et faire des manifestations relève d’une erreur d’appréciation et peut entraîner des situations incontrôlables pour le pays.

Notre pays vient de très loin et est encore fragile sur les plans politique, économique et sociale. La Société civile devrait plutôt comprendre et aider, de concert avec les autres forces vives de la Nation, à trouver des solutions concertées aux problèmes du moment.

L’Assemblée Nationale reconnaît le rôle de la Société civile dans l’édification du pays, mais lui rappelle qu’en aucun cas elle ne peut inciter la population à adopter des attitudes destructrices quelles que soient les raisons évoquées.

L’Assemblée Nationale invite donc la population à ne pas répondre à ces sollicitations de grève et de manifestations sans fondement. Elle l’invite plutôt à rester sereine et à continuer à vaquer à ses occupations.

Enfin, l’Assemblée Nationale demande au Gouvernement de veiller scrupuleusement à la sécurité des citoyens et de leurs biens.

Fait à Bujumbura, le 16 mars 2012

LE BUREAU DE L’ASSEMBLEE NATIONALE

 
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