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Évaluation de l’impact de la mesure du Gouvernement sur la gratuité de l’enseignement primaire.

Publié mercredi 10 mars 2010
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Les populations de la région du centre du pays sont unanimes. La mesure présidentielle de la gratuité de l’enseignement primaire est salutaire, mais le projet n’a pas été préparé à l’avance, car il y a des mesures d’accompagnement qui n’ont pas suivi. C’est ce qui ressort de la descente des Honorables Députés membres de la Commission de l’Education, de la Jeunesse, des Sports et Loisirs, de la Culture et de la Communication. La délégation parlementaire s’est rendue dans les provinces de Gitega, Mwaro et Muramvya du 10 au 13 février 2010.

A l’actif de ce système de gratuité de l’enseignement primaire, les vulnérables dont les enfants de la communauté Batwa se sont fait inscrire en masse en première année. Même les plus âgés qui s’étaient fait engager comme domestiques ont regagné l’école à 17 voire 19 ans. Cependant, des défis, et pas des moindres, ne manquent pas. La disponibilité des salles de classes et des sanitaires n’a pas suivi l’effectif croissant des écoliers. Le personnel enseignant et le matériel scolaire (bancs pupitres, fichiers, manuels scolaires) demeurent insuffisants. L’introduction de nouvelles matières (français, anglais, swahili, éducation civique) réduit sensiblement le temps scolaire. Pire, les écoliers de la première année primaire, qui ne maîtrisent pas encore le kirundi apprennent en même temps trois nouvelles langues. Résultat : ils confondent les langues et mélangent tout.

Pour pallier à ce problème d’enseignement de langues, les enseignants et les responsables de l’enseignement primaire aux différents échelons provinciaux proposent que le programme soit dispensé dans les écoles pédagogiques (les lycées pédagogiques). En attendant, ils aimeraient que les formateurs se rendent sur les lieux pendant la période des vacances pour dispenser une formation à tous les enseignants au lieu de former un seul enseignant par établissement scolaire, ce qui donne du fil à retordre aux directeurs lors des visites de classe étant donné qu’ils ne peuvent pas émettre des critiques d’une leçon qu’eux-mêmes ne maîtrisent pas. Ils ont aussi émis le souhait d’espacer l’apprentissage des langues, par exemple commencer le kirundi et le français en première année, le swahili, en 3ème année et l’anglais, en 5ème année.

Chose curieuse, les différents responsables rencontrés dans cette région du centre du pays ne savent pas si leurs écoliers sont assurés auprès d’une compagnie d’assurance. Quand un écolier subit un accident à l’école, les responsables se dirigent au centre de santé le plus proche pour les premiers soins et informent les parents de la victime qui font la suite. Ces mêmes responsables scolaires souhaiteraient que les compagnies d’assurance ouvrent leurs agences à l’intérieur du pays pour désengorger ce service, étant donné que certains bénéficiaires préfèrent abandonner leurs dossiers à cause des multiples va-et-vient.

Partout, l’effectif des filles dépasse celui des garçons, ont avoué les responsables scolaires à la satisfaction de la délégation parlementaire. Signalons qu’une autre délégation des parlementaires s’était rendue au même moment dans la région sud du pays dans les provinces de Rutana, Makamba et Bururi.

Christine NAHIMANA

 
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