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Journée Internationale de la Femme : Quand la femme rurale se développe, c’est le niveau de vie familiale qui s’améliore

Publié jeudi 8 mars 2012
parChristine Nahimana
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La Journée Internationale de la Femme a été célébrée le 8 mars 2012, au niveau national, en commune d’Itaba dans la province de Gitega.

Les cérémonies marquant cette journée ont été rehaussées par la présence de l’Honorable Première Vice-Présidente de l’Assemblée Nationale, Madame Mo-Mamo Karerwa. Le thème choisi pour cette année a été « Unissons nous pour soutenir l’autonomisation des femmes rurales afin d’éradiquer la pauvreté et la faim ».

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De Gauche à droite : l’épouse du Président de l’Assemblée Nationale ; l’Honorable Mo-Mamo Karerwa, la Première Vice-Présidente de l’Assemblée Nationale(au milieu) et la Ministre Clotilde Niragira

Les cérémonies de la journée ont débuté par un long défilé dans lequel ont pris part les femmes du Ministère à la Présidence chargé des Affaires de la Communauté Est-Africaine, les femmes du corps de la Police Nationale oeuvrant en province de Gitega, les femmes handicapées, les élèves des établissements primaires et secondaires de la commune Itaba, les associations féminines et associations des femmes et des hommes de cette commune encadrées par l’organisation non gouvernementale CARE-Burundi.

En plus de la Première Vice-Présidente de l’Assemblée Nationale, L’Honorable Mo-Mamo Karerwa, étaient également présents d’autres hautes personnalités à savoir la Ministre de la Télécommunication, Information et Relations avec le parlement, Mme Concilie Nibigira ; la Ministre de l’Agriculture et de l’Elevage, Madame Odette Kayitesi ; le Ministre des Relations Extérieures et de la Coopération Internationale, Monsieur Laurent Kavakure ; la Ministre de la Solidarité Nationale, du Rapatriement des Réfugiés de la Reconstruction Nationale et de la Réintégration Sociale, Madame Clotilde Niragira ainsi que d’autres hauts fonctionnaires des Ministères et de la Présidence de la République et du Parlement.

Après le mot de bienvenue à toutes ces illustres personnalités prononcé par l’administrateur de la commune d’Itaba, le Gouverneur de la province de Gitega, Monsieur Sylvestre Sindayihebura, a pris la parole. Il s’est félicité pour le thème choisi pour l’année et a invité la population féminine à s’impliquer davantage dans le processus de maintien et de consolidation de la paix. Il a aussi encouragé les femmes rurales à se regrouper en associations pour accroître la production mais également d’adhérer à la politique du gouvernement de limitation des naissances. Le Gouverneur de la province de Gitega, Monsieur Sylvestre Sindayihebura, a profité de l’occasion pour demander à la jeunesse de faire sienne le programme de planning familial car c’est elle l’avenir du pays. Il a conseillé à cette jeunesse d’étudier en vue d’avoir une solution de rechange aux problèmes de l’amenuisement des terres agricoles. Le Gouverneur de la province de Gitega, Monsieur Sylvestre Sindayihebura, a également souhaité bonne fête à toutes les femmes.

La représentante des femmes de Gitega, prenant la parole à son tour, a déploré dans son discours le fait que toutes les femmes rurales ont d‘une part un accès réduit aux ressources mais pas de contrôle de ressources familiales d’autre part. Ce manque d’accès total et de contrôle aux ressources familiales rend mécontentes les femmes rurales de leur condition du fait celles-ci travaillent beaucoup d’heures durant par an plus que les hommes, par contre, elles n’exercent pas un contrôle équivalent à celui de leurs maris en ce qui est de l’usage du fruit de leurs efforts. Cet état de fait engendre des conséquences énormes et freine l’autonomisation des femmes rurales. Celles-ci n’ont pas en effet d’hypothèque à présenter dans les institutions financières pour financer leurs propres projets de développement. Elle a terminé son allocution par son souhait de voir le projet de loi en rapport avec les successions analysé et adopté puis promulgué et mis en application.

Après l’intervention de la représentante des femmes de Gitega, le public présent a eu à suivre un témoignage de Minani Concilie, une femme membre d’une tontine encadrée par CARE-Burundi. C’est cette organisation qui a accordé à l’association dont elle membre des micros-crédits remboursables en une mensualité. Dans son témoignage, Celle-ci a fait savoir que ce micro-crédit lui a permis d’atteindre un certain niveau d’autonomie et de pouvoir financer ses projets de développement. Elle a ajouté qu’avec son niveau d’autonomie financière, elle a pu aider son mari à se doter d’un logement plus ou moins décent. Leur ménage s’est procuré des bêtes d’élevage. Ce ménage a amélioré ses techniques agricoles grâce à la disponibilité de l’engrais vert. Dans son entourage cette femme a acquis un certain niveau d’estime et participe actuellement dans la prise de décision pour les questions qui intéressent la colline comme entité administrative. Tout ceci pour signifier que le développement d’une femme profite au ménage tout entier, a-t-elle terminé. Il est à signaler que le cas de Minani Concilie est une parmi tant d’autres qui ont pu bénéficier des bienfaits des Associations et de l’encadrement de CARE-Burundi.

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Madame Karin Landgren,
Représentante Spéciale du Secrétaire Général des Nations Unies au Burundi

Madame Karin Landgren, Représentante Spéciale du Secrétaire Général des Nations Unies au Burundi, prenant la parole à son tour, a quant à elle souligné la pertinence du thème choisi pour cette année au Burundi. En effet, a-elle fait savoir, des études ont montré que le fait d’assurer aux agricultrices un accès égal aux ressources permettrait de réduire de 100 à 150 millions le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde. De plus, le fait d’assurer aux femmes un revenu, les droits à la propriété foncière et des possibilités de crédit permettraient de faire diminuer le nombre d’enfants souffrant de malnutrition. Cela démontre à quel point la femme rurale joue un rôle essentiel pour le relèvement du monde rural.

Madame la Représentante Spéciale du Secrétaire Général des Nations Unies au Burundi s’est montrée plutôt satisfaite du pas déjà franchi dans la représentation des femmes dans les institutions politiques mais aussi des mesures déjà prises en rapport avec la gratuité des soins de santé maternelle et de l’enseignement de base. Elle n’a pas oublié de mentionner l’effort louable du Gouvernement pour développer le secteur agricole. Elle a fait remarquer cependant que la participation des femmes à la prise des décisions ne s’est pas traduite nécessairement dans les zones rurales. Aussi les inégalités socio-économiques continuent-elles à freiner directement et indirectement les efforts de développement et de réduction de la pauvreté au Burundi. Avant de terminer son allocution, Madame Karin Landgren a interpellé les femmes elles-mêmes pour qu’elles soient actrices de leur autonomisation, du changement de mentalités, et de l’indépendance économique.

En ce qui concerne le système des Nations Unies au Burundi, celui-ci ne ménagera aucun effort pour soutenir tous les efforts allant dans ce sens. Les Nations Unies au Burundi ont bien noté ce thème et vont combiner leurs efforts à ceux du Gouvernement et d’autres intervenants pour plus d’autonomisation des femmes, a terminé Madame Karin Landgren, Représentante Spéciale du Secrétaire Général des Nations Unies au Burundi.

La Ministre de la Solidarité Nationale, du Rapatriement des Réfugiés de la Reconstruction Nationale, et de la Réintégration Sociale, Madame Clotilde Niragira a précisé à son tour que cette journée du 8 mars était destinée à se ressaisir pour les questions non résolues en rapport avec le genre. Elle a exprimé sa gratitude envers les hommes qui ont collaboré avec leurs femmes dans leurs efforts d’autonomisation. Elle a fait remarquer que les femmes rurales sont devenues conscientes que les travaux agricoles ne sont plus rentables car les terres agricoles s’amenuisent du jour au lendemain et ces dernières ont résolu de diversifier leurs activités génératrices de revenus et se sont lancées dans le commerce. Madame Clotilde Niragira a rappelé que le Ministère sous sa responsabilité sensibilise les femmes rurales à fonder et à adhérer dans des associations existantes et le Ministère de la Solidarité Nationale, du Rapatriement des Réfugiés de la Reconstruction Nationale, et de la Réintégration Sociale demande aux institutions financières de mettre dans leur priorité l’octroi des microcrédits au développement à ces associations des femmes rurales.

Dans le cadre du soutien accordé aux associations des femmes rurales, Madame Clotilde Niragira a précisé que cette année, 14 associations de la province de Gitega vont bénéficier du soutien du ministère sous sa responsabilité. Elle a demandé au Centre de Développement Familial de Gitega, CDF, de définir les modalités de cette collaboration. Le Ministre de la solidarité a aussi fait savoir que le Cadre Stratégique de Croissance et de Lutte contre la Pauvreté, Deuxième Génération(CSLPII) est clair quant au soutien qui sera accordé aux femmes rurales pour leur permettre de se développer. Mme clotilde Niragira a aussi rassuré que la résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies sera mise en application au Burundi. En ce qui concerne la loi sur la succession, Madame Clotilde Niragira a porté à la connaissance de la population qu’une étude sera d’abord commanditée afin de déterminer l’impact de la mise en application de cette loi au Burundi. Avant de terminer son discours, Madame Clotilde Niragira, s’est montrée satisfaite du pas déjà franchi dans la représentation de la femme dans les institutions. En ce qui concerne la représentation de la femme dans l’administration, elle a fait savoir qu’une réforme est en cours pour permettre aux femmes d’être plus représentées qu’actuellement.

Le discours tant attendu de la journée a été prononcé par l’Honorable Mo-Mamo Karerwa, La première Vice-Présidente de l’Assemblée Nationale. Celle-ci a souligné dans son discours que si la femme rurale se développe, accède aux ressources, c’est toute la famille qui voit son niveau de vie passer d’un niveau inférieur à un niveau supérieur. Dans ce cas, le ménage n’est plus victime de famine chronique. L’honorable Mo-Mamo Karerwa a précisé que le rôle de la femme dans le développement familiale n’est plus sujet de discussion. Lors du recensement général de la population et de l’habitat effectué au Burundi en 2008, un pays essentiellement agricole, les résultats ont montré que les femmes vivant de l’agriculture sont plus nombreuses que les hommes. Pourtant les femmes sont plus pauvres par rapport aux hommes, a déploré l’Honorable Mo-Mamo Karerwa. La raison essentielle est que les femmes qui travaillent la terre ne contrôlent ni cette ressource ni le fruit de leur labeur. De plus, a continué la première Vice-Présidente de l’Assemblée Nationale, la technologie de transformation des récoltes est quasi inexistante, le niveau de formation des femmes reste très bas par rapport aux hommes en moyenne. Ce bas niveau de formation enregistré pour la femme a pour conséquence la sous représentation de la femme dans d’autres activités à savoir le commerce, l’industrie. La Première Vice-Présidente de l’Assemblée Nationale a invité tout le monde à participer dans la lutte contre la pauvreté et la faim en soutenant les femmes rurales qui jouent un grand rôle dans cette lutte.

L’Honorable Mo-Mamo karerwa a alors interpellé le Gouvernement de soutenir les femmes rurales qui constituent la pièce maîtresse dans la croissance de la production agricole mais aussi du développement durable. Le gouvernement a très bien compris que cet enjeu est de taille. C’est ainsi que l’exécution du CSLP II attachera une grande importance au secteur agro-pastorale.

La Première Vice-Présidente de l’Assemblée Nationale, l’Honorable Karerwa Mo-Mamo a terminé son allocution rappelant que l’autonomisation des femmes rurales n’est pas un combat des seules femmes. Elle demandé a tout le monde de s’impliquer notamment en ce qui concerne la protection de l’environnement, une utilisation efficiente des terres agricoles, éviter la débauche et la délinquance. La Première Vice-Présidente de l’Assemblée Nationale, l’Honorable Karerwa Mo-Mamo a interpellé les partenaires du Burundi de le soutenir dans les domaines de l’agriculture et de l’élevage. A la population burundaise en générale, l’Honorable Karerwa Mo-Mamo leur a demandé de faire sienne la politique de planning familiale. La Première Vice-Présidente de l’Assemblée nationale n’a pas manqué de souhaiter bonne fête à toute la population de la commune d’Itaba qui avait par ailleurs répondu nombreuse et participé activement dans les cérémonies de cette journée.

 
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