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La Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme, CNIDH, présente son rapport annuel, édition 2016 et son rapport du premier semestre 2017.

Publié jeudi 6 juillet 2017
parChristine Nahimana
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Ce sont les organisations des droits de la personne humaine dont FIDH, APRODH, ACAT et FORSC qui sollicitent l’Alliance Globale des INDHO (GANHRI en Anglais) la dégradation de la CNIDH du statut A au statut B. Même s’il maintient son statut A, la CNIDH, qui s’est déjà défendue trois fois, est sous-examen jusqu’en juillet 2018, si on en croit les propos du Président de la CNIDH. Monsieur Jean-Baptiste BARIBONEKEZA présentait Mercredi 06 juillet 2017 le rapport annuel, édition 2016 et le rapport du premier semestre 2017 de la CNDIH. Cinq pays de l’Afrique francophone occupent le statut A. Outre le Burundi, le Cameroun et la Mauritanie, se rangent aussi dans cette catégorie le Togo et la Tunisie.

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Le Président de la CNIDH présentant le rapport devant les Honorables Députés

En effet, a-t-il expliqué, au cours de l’année 2016, la CNIDH a reçu 2.303 plaintes d’allégations de violations des droits de l’homme certains ont été jugé recevables et d’autres irrecevables.Jean Baptiste BARIBONEKEZA, Président de la CNIDH, a indiqué que d’une manière générale, la situation des Droits de l’Homme s’est améliorée au Burundi en 2016 par rapport à l’année 2015. Il y a eu amélioration sur le plan sécuritaire et sur le plan des Droits de l’Homme, il y a eu également adoption d’un language apaisée et rejet de la violence comme mode de règlement des différends. La CNIDH salue aussi la libération des prisonniers arrêtés en 2015 dans le cadre des manifestations et le retour des réfugiés burundais. Elle salue aussi la réouverture de 2 des 5 radios privées fermées en 2015. La CNIDH déplore néanmoins la surpopulation carcérale dans les prisons burundaises en 2016, ce qui montre la lenteur dans le traitement des dossiers. La CNIDH s’inquiète également de la suspension de l’aide directe par les partenaires du Burundi, une mesure qui a des conséquences directs sur la population.

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Vue d’ensemble des Membres du Bureau de l’Assemblée Nationale

Sur le même registre et au cours du premier semestre 2017, la CNIDH a reçu 498 saisines, Pour le premier trimestre 2017, le Président de la CNIDH indique qu’il y a une nette amélioration des Droits de l’Homme et de la situation sécuritaire au Burundi. Elle recense une diminution sensible des cas d’arrestation et de torture. Ainsi, la CNIDH parle d’une baisse de moitié des cas de violations à la vie et d’une baisse de 33% des allégations liées à la torture. La CNIDH salue également la mesure de grâce présidentielle de libération des prisonniers. Cependant, la CNIDH se dit inquiète des cas de violences basées sur le genre, avec 56 cas de viols sur des enfants de 2 à 18 ans, la province de Cibitoke étant la plus ciblée. La commission déplore aussi des cas de lynchage liés aux conflits fonciers. La situation carcérale reste aussi préoccupante avec un effectif de 9395 prisonniers pour une capacité d’accueil de 3750, soit 250% pour toutes les prisons du Burundi

La plénière a d’abord démontré que 2016 s’inscrit dans le prolongement des insurrections de 2015. Elle a ensuite fait un clin d’œil à propos de l’abus du langage de droits de la personne humaine. Quand un civil attaque un camp militaire et que celui recourt à la légitime défense, peut-on parler de violation des droits de la personne humaine ? Les droits de la personne humaine sont supposés être universels mais affichent des exceptions au Burundi, s’est encore étonnée la plénière. En France, a-t-elle témoigné, un civil qui menace avec un couteau est fusillé sur-le-champ. Mais au Burundi, un civil attaque un camp militaire et quand il subit le traitement qui lui convient, la société civile conseille plutôt à l’armée d’user des techniques apprises pour repousser l’attaquant sans ouvrir le feu.

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Vue de profil des Elus

Les Députés ont aussi insisté sur l’avenir des enfants incarcérés. Pour Monsieur Jean-Baptiste BARIBONEKEZA, les enfants se retrouvent en prison aux côtés de leurs mères parce qu’ils sont nés en prison ou alors ils étaient encore petits lors de la détention de leurs mères. Si l’enfant atteint l’âge de scolarité, il va à l’école et rejoint la famille comme les grands-parents. S’il n’a plus de famille, il rentre en prison. Mais le Président de la CNIDH a précisé quand même que la détention des femmes qui ont des enfants demeure une exception.

La CNIDH a enfin souhaité que ses fonds soient comptabilisés dans le budget général de l’Etat au lieu de dépendre des sautes d’ humeur des bailleurs.

 
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