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La responsabilité est partagée dans l’affaire d’escroquerie de l’Asbl IDC (Initiative pour le Développement Communautaire)

Publié samedi 21 mars 2009
parTharza Manirakiza
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Deux membres du Gouvernement, celui en charge de l’Intérieur et celle des Finances ont répondu, au cours de la séance plénière de ce vendredi 20 mars, aux questions orales des Honorables Députés en rapport à l’escroquerie infligée par l’ASBL Initiative pour le Développement Communautaire, IDC en sigle, à l’endroit des populations.

L’Honorable Charles NIYUNGEKO, élu du peuple dans la circonscription de Makamba, a fait savoir les grognes des populations à l’endroit des microfinances à l’instar de l’IDC qui ont collecté des fonds moyennant un intérêt de 50% après une période de deux mois, alors que le ministère ayant en charge l’Intérieur vient d’ordonner leur fermeture sans que les populations retirent leurs épargnes. Les grognes vont aussi à l’endroit du Ministère de l’Intérieur et surtout des gouverneurs de provinces ainsi qu’au Ministère des Finances qui ont laissé cette microfinance fonctionner sans l’aval de la Banque Centrale. Certains vont même jusqu’à accuser le Parti au pouvoir. L’honorable Charles NIYONGEKO se demande si ces dires sont fondés et si ces populations vont recouvrer leurs épargnes.

Selon le Ministre Edouard NDUWIMANA, l’IDC a été agréée comme une Association Sans But Lucratif (ASBL) et non comme une microfinance en janvier 2008. Ce n’est qu’au mois de juillet que les pouvoirs publics ont su que l’IDC fonctionnait comme une institution bancaire. Mais quand l’administration a voulu intervenir, les populations ont décrié la mesure, arguant que cette association arrive plutôt à point nommé pour résoudre la misère devenue leur train de vie. Et pour cause, certains épargnants avaient déjà récupéré leurs capitaux avec un intérêt de 100% sur un intervalle d’un mois.

Le Ministre de l’Intérieur a nuancé les choses. Son département a ordonné la fermeture de l’IDC et non celle des comptes, tâche qui revient à ceux qui mènent les enquêtes comme la Police et le Parquet. Quant au recouvrement des sommes déposées, le Ministre Edouard NDUWIMANA tranquillise. Ceux qui ont saisi la Justice vont être dédommagés.

Pour ceux qui accusent le Parti au pouvoir comme ayant une responsabilité quelconque dans cette affaire, le membre du Gouvernement en question a rappelé que tout le monde est dans le système. L’essentiel, a-t-il conseillé, est de regretter cette escroquerie et éviter cette guerre des mots. Et pour éradiquer à jamais cette pratique, le Ministère de l’Intérieur va mettre sur pied un département qui va surveiller au jour le jour les activités des ASBL sur terrain.

A son tour, la Ministre des Finances, Clotilde NIZIGAMA, a rejeté toute implication de son ministère dans le dossier de l’IDC. Sur la liste des microfinances reconnues par la Banque de la République du Burundi (BRB), l’IDC n’y figurait pas. Quand l’association a été fermée, la Banque centrale n’a pas été inquiétée puisqu’elle ne connaissait pas l’ASBL.

Au chapitre des échanges, les intervenants se sont accordés à la sensibilisation du petit peuple sur la différence entre les ASBL et les microfinances. Le fait que les associations initient des activités génératrices de revenus (AGR) accentue cette confusion aux populations, a fait remarquer l’Honorable Arcade NGENDANZI qui a lui aussi plaidé pour le bon fonctionnement de ce département proposé pour tâche de suivi sur terrain des ASBL.

Quant à l’Honorable Léonard NYANGOMA, il a invité la population, toutes les couches confondues, à reconnaître sa distraction. Tout le monde a sa part de responsabilité dans cette affaire. Mais comme l’Etat est le seul garant de la sécurité de la population et de ses biens, il lui a demandé de payer cette distraction en indemnisant tous les épargnants.

Pour ceux qui avaient émis le souhait de la mise sur pied d’une commission parlementaire chargée de mener des enquêtes sur ce dossier de l’IDC, il s’est avéré que ce n’est plus possible du moment que l’affaire pend déjà en justice.

Au total, 3.500 ASBL dont 203 églises sont agréées. Le Ministre de l’Intérieur compte les rencontrer dans les prochains jours pour leur rappeler qu’elles doivent œuvrer dans la ligne tracée lors de leur enregistrement au Ministère ayant la gestion des ASBL dans ses attributions.

Christine NAHIMANA.

 
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