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Le Ministère pour la Paix et la Réconciliation sous la Croix, MIPAREC, emboîte le pas au Gouvernement du Burundi dans les mécanismes de vérité et réconciliation et de justice transitionnelle

Publié lundi 30 mai 2011
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C’est le constat fait par les parlementaires de la circonscription de Gitega au terme d’un atelier d’échanges et d’information sur le rapport des consultations nationales et la justice de transition au Burundi à l’intention des Honorables Parlementaires de la circonscription de qui s’est tenu à Gitega du 26 au 28 mai 2011.

Dans son discours d’ouverture, le Premier Vice-Président de l’Assemblée Nationale a indiqué que l’atelier poursuivait deux objectifs à savoir :

- Premièrement, former les Parlementaires de la circonscription de Gitega et le personnel du MIPAREC sur les mécanismes de justice transitionnelle et leur présenter les résultats des consultations nationales qui ont eu lieu au Burundi à ce sujet ;
- Deuxièmement, créer un espace d’échanges sur la thématique de la justice transitionnelle au Burundi, entre les parlementaires de la circonscription de Gitega et les représentants des comités, pour qu’ils s’engagent davantage dans un processus irréversible de réconciliation communautaire au Burundi.

Et de renchérir que les thèmes abordés correspondent à cette double préoccupation. Ce sont les thèmes ci-après :
- La genèse et la définition de la justice transitionnelle ;
- La Commission Vérité et Réconciliation et les poursuites judiciaires ;
- Les réparations et les réformes des institutions ;
- La justice transitionnelle et le genre ;
- Le processus de justice transitionnelle au Burundi ;
- Les consultations nationales au Burundi.

La pertinence de ces thèmes est liée au fait que la justice transitionnelle est un sujet d’actualité dans notre pays, a dit l’Honorable Mo-Mamo Karerwa, avant d’ajouter qu’elle s’inscrit au premier rang des priorités du Gouvernement. Elle a expliqué que dans les différents discours de Son Excellence le Président de la République, la justice de transition est régulièrement évoquée. Elle a donné l’exemple du discours qu’il a prononcé lors de la présentation des vœux du nouvel an, le 31 décembre 2010, un discours dans lequel il a souligné que la consolidation de la paix et de la sécurité ainsi que la réconciliation effective des Burundais, c’est le fondement de tout. Par ailleurs, a-t-elle insisté, la justice de transition, qui fait partie intégrante des étapes de réconciliation négociées à Arusha, est considérée comme étant cruciale dans la mesure où elle fera ressortir la vérité sur les différents événements que le Burundi a connus depuis son indépendance jusqu’à son passé très rapproché.

Pour ceux qui jugent que le MIPAREC a pris les devants sur les travaux qui seront exécutés par des commissions désignées à ces fins, les facilitations les ont tranquillisés. La société civile a l’habitude d’emboîter le pas au Gouvernement. S’appuyant sur l’exemple des membres de la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme au Burundi, ils ont démontré la contribution de la société civile qui a sillonné après que le Parlement ait voté le projet de Loi portant Création de la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme tout le pays en vue d’expliquer la loi et inciter les populations à poser leurs candidatures. Même s’il est connu que « Nul n’est censé ignorer la loi », force est de constater que si l’on n’est pas intéressé, on l’ignore complètement, ont encore une fois argumenté les facilitateurs. pour justice la position incontournable de la société civile dans ce processus de la mise en place des mécanismes de vérité et réconciliation et de justice transitionnelle.

La dernière journée des travaux était réservée aux témoignages des Comités de paix du MIPAREC. Des ennemis d’hier sont devenus amis inséparables aujourd’hui. C’est le cas de M. Térence Mpugubugu qui, ligoté puis jeté dans une rivière, a échappé de justesse à la machette de son voisin M. Pasteur Muryondi qui a réussi à tuer son neveu. M. Muryondi a fui par après les poursuites de M. Mpugubugu jusqu’en Tanzanie. Quand il est revenu au pays, il a été condamné à perpétuité. Après la grâce présidentielle de libérer les prisonniers politiques, il a regagné son village où il vit en bonne harmonie avec son victime-bourreau.

L’autre cas émouvant est celui de M. Déo Ntirandekura qui a tué sept membres de la famille de Madame Thérèse Ndikumana dont son mari. Actuellement, ils ont oublié le passé au point d’échanger leurs enfants comme des époux. Les litiges fonciers intéressent aussi les comités de paix qui ont déjà réconcilié M. Jérémie Ndikuriyo de Nyanza-Lac et M. Jacques Ndihamiyimana, un rapatrié de la Tanzanie qui réclamait ses terres à M. Ndikuriyo. Ils se sont finalement convenus de partager le domaine en deux. Quand les parlementaires ont demandé pourquoi M. Jérémie ne pouvait pas retourner chez lui, ils ont été éclairés sur ce cas semblable à beaucoup d’autres en province de Makamba. En effet, cette région qui a vu ses populations se réfugier en Tanzanie est devenue une forêt. Le Président de l’époque a invité les gens sans terres des localités de Kabezi, Kanyosha, Magara, Rutumo et Rumonge de venir défricher Makamba pour y élire domicile, ce qu’ils ont fait.

Les Parlementaires de la circonscription de Gitega ont loué le pas déjà franchi par MIPAREC et ont proposé que le Gouvernement consulte cette organisation et d’autres du genre avant de mettre sur pied les mécanismes de Vérité et Réconciliation et de justice de transition. Vous saurez que ces mécanismes couvrent la période allant du 1er juillet 1962, date de l’Indépendance du Burundi au 4 décembre 2008, fin de la belligérance. Christine Nahimana

 
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