Assemblée Nationale du Burundi

 

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Le Président de l’Assemblée nationale rencontre les administratifs de la province de Ruyigi.

Publié samedi 11 novembre 2017
parChristine Nahimana
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Seuls les textes d’application permettent l’opérationnalisation exacte des lois. Cette conclusion a été tirée au terme de la réunion que le Président de l’Assemblée nationale a tenue vendredi 10 novembre 2017 à l’endroit des administratifs de Ruyigi au chef-lieu de cette province.

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Le Président de l’Assemblée Nationale dirigeant la réunion

Comme à l’accoutumé, le Président de l’Assemblée nationale était porteur d’un message. Outre qu’il a expliqué le fonctionnement de l’Assemblée nationale à travers les trois pouvoirs observés dans tout régime démocratique, le Très Honorable Pascal NYABENDA a insisté pour le cas de Ruyigi sur sa position géopolitique. La province étant frontalière avec la Tanzanie, la consolidation de la paix et de la sécurité doit être de mise. Une autre particularité de la province, a-t-il relevé, est que certains leaders de Ruyigi ont déraillé en 2015, ce qui pourrait déstabiliser les populations. Cependant, a-t-il nuancé, un Parlementaire, une fois élu, a un mandat national, il ne représente pas seulement sa circonscription. Les natifs de la province doivent être soudés, a aussi exhorté le Numéro Deux burundais avant de témoigner le cas des natifs avides de pouvoirs qui basculent par ce fait dans une compétition aveugle. Par contre, a-t-il fait remarquer, si l’entente règne entre les natifs d’une province, elle stimule le développement de l’entité administrative. Le Président de la Chambre basse du Parlement a également invité tout un chacun à manifester son amour pour le pays. C’est pathétique d’assister à des Burundais qui médisent leur patrie tout au long de la journée. L’amour de la patrie vient avant l’amour de soi, a-t-il déclaré comme pour faire un clin d’œil aux Administrateurs communaux.

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Vue partielle des participants

Selon le Très Honorable Pascal NYABENDA, ces derniers sont souvent pointés du doigt quant à la gestion du budget de 500 millions alloué à chaque commune. Ils sont en effet accusés d’encaisser des commissions alors qu’ils perçoivent un salaire pour être justement au service du peuple, s’est-il indigné. Mais les administrateurs ont rejeté cette accusation. Ils ont plutôt décrié le processus des marchés publics long et lent qui, non seulement fait croire à l’encaissement de ces commissions mais aussi et surtout fait tomber en annulation ce budget. Ce n’est pas la question de mandat présidentiel qui a motivé l’amendement de la Constitution qui est à l’étude, a expliqué le Président de l’Assemblée nationale. C’est plutôt dans le souci de l’harmonisation avec les textes de la Communauté Est Africaine. Il a clôturé son message en rappelant à tout le monde que le retrait effectif du Burundi de la CPI est survenu le 27 octobre 2017.

Les femmes de la province de Ruyigi sont sensibilisées en matière de limitation des naissances, ont rapporté une participante à la réunion lors des échanges. Mais ce qui les pique au vif, c’est que les maris continuent à avoir des enfants en dehors du ménage et les reconnaissent. Les enfants sont alors ramenés au foyer. Une fois, l’épouse tolère mais quand arrive un deuxième enfant, la goutte déborde le vase. Les chicaneries commencent alors au sein de la famille. Comment sanctionner ces maris qui passent outre la loi ? Par ailleurs, ont poursuivi les participants, la campagne de contracter le mariage devant l’officier de l’état civil ne fait que déplacer le problème pour les maris qui vivent en concubinage avec plusieurs épouses. En effet, ils ont tendance à choisir la plus jeune épouse alors que c’est la première qui a toujours été aux côtés de son mari ? Que deviendra le sort des autres épouses, ont-ils interrogé. Le mieux serait d’user de la prudence quand il s’agit de voter des lois qui touchent directement les mœurs et les coutumes des Burundais, a tranché le Très Honorable Pascal NYABENDA qui a aussi privilégié la voie du dialogue. Le Parlement vote des lois mais, a-t-il nuancé, des fois ces fois nécessitent des annexes pour qu’elles soient matérialisées en bonne et due forme. Le Numéro Deux burundais a aussi conseillé à l’assemblée présente d’envoyer un document écrit et signé par telle ou telle autre association à la Commission ayant en charge les finances. Saisie au fond, cette Commission analyse en effet le Code des Marchés publics qui constitue un frein pour quelques aspects relatifs au développement, comme l’assistance l’a témoigné en maintes reprises.

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Le Président de l’Assemblée Nationale s’adressant aux participants à la réunio

Alors que le Code stipule que le marché est ouvert à l’échelle nationale, en voilà le budget de 500 million alloué aux communes qui privilégie plutôt les natifs dans l’octroi des marchés. Le Code n’autorise pas non plus de s’approvisionner dans les pharmacies privées pour une facture excédant les cinq millions quand on sait combien le secteur de la santé est très sensible. Le Président de la Chambre basse du Parlement a enfin tranquillisé les jeunes en chômage pour qui le manque d’expériences les empêche à répondre aux appels d’offre d’emploi lancés par des ONG. Le Ministère ayant en charge la jeunesse projette recenser ces jeunes dans le but de les affecter en stages dans les différents ministères. Cette période de stages fera office d’expériences, a-t-il démontré.

 
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