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Les femmes parlementaires de plus en plus engagées dans la lutte contre les violences à l’égard des femmes

Publié lundi 5 décembre 2011
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C’est dans cette logique que l’Association des Femmes Parlementaires du Burundi, AFEPABU en sigle, a organisé un atelier de « sensibilisation sur l’élimination des violences à l’égard des femmes » ce vendredi 2 décembre 2011 dans les locaux de Celexon.

Dans son mot de bienvenue, la présidente de l’AFEPABU a remercié tous ceux qui interviennent dans le combat quotidien de lutte contre la violence à l’égard des femmes. L’Honorable Gloriose Berahino a signifié que le viol est reconnu comme un problème de santé publique.

La conseillère principale-Genre au PNUD-Burundi a, de son côté, rappelé que le PNUD intervient à travers plusieurs actions visant la prévention et la prise en charge des victimes. Selon Awa Ndiaye Diouf, les différentes rencontres organisées par cette agence onusienne ont été une occasion de connaître l’état des lieux, les formes, les causes et les conséquences des violences faites aux femmes. Ces péripéties ont abouti à initier la loi spécifique.

Le Premier Vice-Président de l’Assemblée Nationale, dans son discours d’ouverture, a indiqué que l’organisation de cet atelier visait à susciter l’engagement des parlementaires à porter une attention particulière aux réalités observées autour de la question relative aux violences à l’historique de la campagne des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes, l’état des lieux du phénomène des violences liées aux femmes au Burundi (se focaliser sur les femmes, mais aussi les enfants, les hommes et les jeunes), les formes, les causes, les conséquences des violences à l’égard des femmes, la législation existante au Burundi en la matière et les perspectives d’avenir et Violences faites aux femmes, priorités d’actions pour les parlementaires, tels sont les quatre thèmes développés au cours de cet atelier de sensibilisation.

Les participants ont jugé que la culture tient une part de responsabilité en matière de violences basées sur le genre et ce, sous tous les cieux.

En France et aux Etats-Unis d’Amérique par exemple, trois femmes meurent tous les 15 jours des suites des violences. D’aucuns ont constaté que dans ces pays, la bagarre dégénère des fois en meurtre à cause de la culture qui ne change pas en toute personne. Quand un mari et son épouse font la tête, la femme n’ayant pas été éduquée à la retenue, le mari ouvre le feu sur elle.

Au Burundi, les participants ont fait remarquer que la violence basée sur le genre commence dans l’enclos familial. Quand un frère et sa sœur font la même faute, la fille est punie doublement.

D’autres ont proposé un débat social sur la finalité de la dot. S’appuyant sur un certain euphémisme qui considère la dot comme un cadeau au lieu d’une monnaie d’échange, les participants ont proposé que cette récompense soit réciproque pour les deux belles-familles, étant donné que certains hommes battent leurs femmes sous le prétexte qu’ils les ont dotées.

Toujours sous le poids des coutumes, les femmes ne revendiquent même pas leurs droits. Elles demeurent d’éternelles usufruitières sans songer à passer à l’étape d’héritières. Le projet de loi sur la succession et les systèmes matrimoniaux fait couler beaucoup d’encre et de salive. Une certaine opinion jette à tort la responsabilité au Parlement alors que ce projet de loi est en réalité une proposition de loi, c’est-à-dire que cette loi émane des parlementaires. Pour le moment, la loi se trouve au Gouvernement. Compte tenu de la séparation des pouvoirs, le Parlement attend que le projet de loi lui soit renvoyé.

Les participants à cet atelier ont aussi tranquillisé plus d’un. La succession embrasse beaucoup de domaines outre les terres. Le manque de cette loi constitue par ailleurs un vide juridique. Cette loi viendrait pour le salut des populations si seulement celles-ci étaient bien informées, ont regretté les participants.

Les participants se sont réjouis des pas franchis par le Burundi en matière de lutte contre les violences basées sur le genre dont la pratique de briser le silence, la révision du code pénal, l’accès aux soins avec le Centre Seruka, l’élaboration des stratégies nationales sur le genre avec la confession d’un document de référence, l’unité de protection dans la police nationale et la mise sur pied des centres de développement familial (CDF) où existe un animateur social.

Rappelons que la journée internationale de la femme est célébrée le 25 novembre de chaque année et les 16 jours d’activisme se clôturent le 10 décembre, date de la journée internationale des droits humains. Ce choix a été fait afin de lier de manière symbolique les violences faites aux femmes et les droits humains. Les cérémonies de cette journée internationale de la femme qui se sont déroulées cette année en province de Karusi avaient été rehaussées par le Premier Vice-Président de la République, l’Honorable Térence Sinunguruza. La campagne de 2011 est basée sur les violences domestiques.

Précisons aussi que cet atelier a été organisé avec l’appui conjoint du Parlement burundais et du PNUD.

Christine Nahimana

 
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