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QUESTIONS ORALES AVEC DEBAT ADRESSEES AU MINISTRE DE LA PLANIFICATION DU DEVELOPPEMENT ET DE LA RECONSTRUCTION NATIONALE

Publié lundi 30 mars 2009
parChristine Nahimana
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La séance plénière de l’après-midi de ce jeudi 26 mars 2009 à l’hémicycle de Kigobe était réservée aux questions orales avec débat adressées au Ministre de la Planification du Développement et de la Reconstruction Nationale, questions qui portaient sur la problématique de la paupérisation des terres arables face à la démographie galopante au Burundi.

En formulant sa requête, l’Honorable Pierre-Claver NAHIMANA élu dans la circonscription de Ngozi voulait savoir :

1.l’état des lieux sur la problématique de la paupérisation des terres arables face à la démographie galopante au Burundi compte tenue des indicateurs dont dispose le Ministère de la Planification du Développement et de la Reconstruction Nationale. C’est relatif notamment à l’évolution de la situation des terres arables par famille depuis l’année 1990 où un autre année proche qui pourrait servir de référence jusqu’à l’actuel recensement, par rapport justement à la croissance démographique dans cette période concernée. Il s’agit aussi de donner une projection probable pour l’avenir proche (année 2020,2025) dans le cas où les tendances actuelles se poursuivraient.

2. l’exposition des mesures importantes qu’envisage le Gouvernement burundais à travers sa politique de planification socio-économique pour parvenir à un équilibre viable entre la croissance démographique et la répartition, ainsi que l’utilisation rationnelle des terres surtout que les prévisions des tendances actuelles sont dommageables au développement économique futur du pays.

Et de se demander si le Gouvernement burundais a une politique de maîtrise de la croissance démographique. Dans le cas affirmatif, quelles sont ses principales orientations ? Ou encore, l’Etat burundais a-t-il une politique de maîtrise de la stabilisation des propriétés foncières familiales ou envisage-t-il carrément une politique de réforme agraire pour venir à bout de ce grand handicap qui freine la croissance économique. Si oui, quelles sont leurs principales orientations ?

Chiffre à l’appui, le Ministre Tabu Abdallah MANIRAKIZA a dressé l’état des lieux de l’accroissement de la population burundaise face à l’amenuisement des terres arables. En 1975, la population burundaise se comptait à 3.680.000 habitants tandis que le dernier recensement datant de 2008 fait état de 8.038.00 habitants, soit un taux de croissance annuelle de 2,7%.

En 1975, la densité de la population était de 161 habitants par Km2, tandis qu’en 2008, celle-ci a presque doublé avec 310 habitants au Km2. Inversément, les proportions des terres arables ont plutôt diminué. Actuellement, trois ménages, c’est-à-dire en moyenne 15 personnes, se partagent une superficie de terres arables inférieure à un tiers d’un hectare (0,33ha) alors qu’auparavant, dans certaines communes, six ares se comptaient par ménage.

Consécutivement à cette situation, les tueries, les conflits fonciers pour ne citer que ceux-là, n’ont pas tardé à se parler d’eux. Entre-temps, le Gouvernement n’est pas resté les bras croisés. Il a par exemple initié le Projet Cadre Stratégique de Croissance et de Lutte contre la Pauvreté (CSLP), en privilégiant notamment le secteur agricole avec l’application des méthodes agricoles actuelles pour accroître la productivité et le secteur privé.

Avec la vision 2025, l’objectif du Projet Burundi Buhire est d’accroître la population, les terres arables ainsi que d’autres secteurs. Le souci est d’ériger les constructions sur des terrains stériles pour réserver les sols fertiles aux cultures notamment la plaine de l’Imbo. L’autre souhait est la sensibilisation des populations pour les inciter à habiter dans les villes pour passer de 20% à 25%.

Pour ce qui est de la dégradation des sols, les statistiques de l’ISABU montrent que l’érosion emporte entre 100 et 170 tonnes de bonnes terres par hectare vers le Soudan et l’Egypte. Le Gouvernement est conscient de cette situation. Qui plus est, le budget de 2009-2011 dans le domaine agricole connaîtra un accroissement de 25% pour la matérialisation des différents programmes. Un projet de lutte contre la dégradation du sol se trouve déjà au Ministère de l’Environnement. Le Code Foncier sera aussi révisé. Le Plan National en matière de diversité biologique sera mis sur pied, ainsi que la stratégie d’utilisation durable des terres. La Banque Mondiale financera un projet de reboisement des hautes altitudes et des rives des cours d’eau. Le Gouvernement procèdera à l’inventaire des terres domaniales et des sans-terre.

A propos de la croissance de la population, force est de constater que l’éthique burundaise ne prévoit pas de limitation des naissances. La sensibilisation de la population va plutôt dans le sens d’espacer les naissances ou d’avoir des enfants proportionnellement aux moyens. L’autre stratégie consiste en la promotion de la fille et de la femme par notamment le système de gratuité scolaire. Les hommes devraient aussi être associés dans cette politique de limitation des naissances.

Les Représentants du Peuple sont beaucoup intervenus pour compléter ce membre du Gouvernement. Ils ont recommandé au Gouvernement de mener une large sensibilisation pour le planning familial et s’il le faut, de décerner des prix aux couples exemplaires. Ils se sont aussi prononcés contre la pratique de morcellement de terres, chose qui doit être précédée par une large sensibilisation des populations, de même que pour la réforme agraire. D’autres Députés ont fait remarquer que l’exiguïté des terres arables n’est pas un problème en soi. La famine sévit dans des pays vastes comme la République Démocratique du Congo. Le mieux est de sensibiliser les populations et d’apporter beaucoup de fertilisants. Une autre alternative pour pallier à ce problème de manque de terres est le système de culture en terrasses. Cette pratique serait très bénéfique dans un pays montagneux comme le Burundi. Il est très regrettable que cette expérience de la Chine et de l’Inde ne serve pas de leçon aux Burundais alors que des experts en la matière ne cessent de visiter ces deux pays.

L’agrandissement des villes au détriment des terres arables s’explique par l’absence du plan directeur de lotissement valable. Le Gouvernement devrait aussi encourager la construction des maisons en étages. Pour ce faire, ce dernier reverrait à la hausse le prix d’une parcelle individuelle.

Christine NAHIMANA

 
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