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Questions orales à l’Assemblée Nationale : Le Ministre Séverin Buzingo s’exprime devant les Honorable Députés

Publié mardi 3 avril 2012
parChristine Nahimana
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Le Ministre de l’Enseignement de Base et Secondaire, l’Enseignement des Métiers, de la Formation professionnelle et de l’Alphabétisation, Séverin Buzingo, était le 03 avril 2012, l’invité de l’Assemblée Nationale pour répondre aux questions orales des Honorables Députés en rapport avec le secteur sous sa responsabilité.

Les préoccupations de l’Assemblée Nationale ont été exprimées à travers une série de questions posées par l’Honorable Député Nankwahomba Melchior. Ces questions s’articulaient autour des points en rapport avec les stratégies arrêtées par ce Ministère pour accroître le taux de réussite à l’Examen d’Etat, les mécanismes de suivi des mesures prises par le ministère pour améliorer le taux de réussite des élèves, le niveau de collaboration entre le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique avec le Ministère de l’Enseignement de Base et Secondaire, les problèmes de manque d’enseignants qualifiés alors que les besoins se font de plus en plus sentir notamment dans les collèges communaux et les lycées communaux, le problèmes de chômage des lauréats de lycées pédagogiques et des lauréats de la section juridique de certains établissements secondaires techniques et de parler du rôle de l’inspection de l’enseignement.

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Le Ministre Sévérin Buzingo

Le Ministre Séverin Buzingo, réagissant à la question en rapport la faiblesse des performances des élèves à la fin des humanités générales et techniques, a précisé que le taux de réussite à l’examen d’Etat donnant accès à l’enseignement supérieur n’est pas aussi faible que l’on veut le faire croire. Il a fait savoir que 38.9% de ceux qui ont passé l’examen d’Etat sont inscrits à l’Université du Burundi et d’ajouter qu’à cet effectif, il faut prendre en compte ceux qui ont préféré poursuivre leur formation académique dans des universités privées du pays et des universités des autres pays. Le Ministre en charge de l’Enseignement Primaire et Secondaire a cependant fait savoir aux les Honorables Députés que l’augmentation des effectifs qui réussissent à l’Examen d’Etat s’accompagne d’autres difficultés à résoudre : disponibilité de bourses financières accordées aux étudiants dont le nombre est en croissance constante. Cette bourse est déjà qualifiée d’insuffisante. L’autre difficulté est liée à la capacité d’accueil de l’université du Burundi.

Concernant les mécanismes de suivi et d’application de l’ordonnance n°620/614 prise l’année scolaire dernière portant révision de l’organisation des évaluations en classes, des conditions de passation dans les classes supérieures, de conditions de livraison de diplomes et des conditions de redoublement, le ministre Séverin Buzingo a répondu que les directions provinciales et communales de l’enseignement se chargent de sa mise en application et de son suivi. Il s’est ainsi montré satisfait car son objectif a été atteint. En effet, cette ordonnance a permis d’éliminer des cas de subjectivité et d’injustice dans les séances de délibération.

En ce qui concerne la pénurie des enseignants qualifiés, ce problème se pose surtout avec acuité dans les établissements secondaires privés. Néanmoins, une enquête est en cours pour établir une classification des écoles qui ont un personnel enseignant compétent et un personnel enseignant qui l’est moins. Le résultat de cette enquête sera mis à la connaissance du public et les parents vont opérer un choix responsable pour la formation de leurs enfants.

Dans la foulée, le Ministre de l’Enseignement de Base et Secondaire a annoncé que l’année scolaire prochaine, de 2012-2013, va débuter avec l’école fondamentale. Il a alors demandé aux Honorables Députés d’encourager la population de la Mairie de Bujumbura à construire plus d’écoles car celle-ci n’aura pas de salles de classes suffisantes pour accueillir les enfants en 7ème année. Il a également porté à la connaissance de ses interlocuteurs que la passation des enfants de la 6ème année à la 7ème année, leur effectif va s’accroître graduellement de 10% par rapport à l’année précédente jusqu’à ce que ce nombre d’enfants qui passe d’un niveau à l’autre puisse atteindre 100%.

Concernant le maintien du cours de Français dans la “Section Scientifique” et du cours des Mathématiques dans la “Section des Lettres Modernes”comme cours principaux, le ministre Séverin Buzingo a répondu que les mathématiques sont indispensables même dans la section Lettres Modernes. Ce cours qualifié de “mère de toutes les sciences” par les professionnels éducatifs permet aux lauréats de la section Lettres Modernes d’élargir les choix des facultés à suivre dans les universités, notamment dans les facultés de Médecine et d’Economie où il existe des cours de mathématiques.

En ce qui concerne le cours de Français dans la section scientifique,le Ministre ayant l’enseignement secondaire dans ses attributions a fait savoir que ce cours est un outil de communication, mais aussi une langue d’enseignement qu’il faut absolument maîtriser afin de pouvoir communiquer avec aisance et transmettre ses idées.

Le gestionnaire de l’Enseignement de Base et Secondaire burundais s’est exprimé également sur le manque d’enseignants qualifiés pour les établissements secondaires qui ont des cycles complets. Par manque de professeurs qualifiés pour enseigner au cycle supérieur, certains lauréats de l’E.N.S y dispensent des cours. Aussi, les lauréats des cycles des humanités dispensent-ils des cours dans le cycle inférieur par manque de professeurs. Sur ce fait, le Ministre Séverin Buzingo estiment que ces professeurs dispensent des cours d’importance mineure comme le Civisme, la Technologie ou le cours d’Agriculture. De plus, on doit s’assurer de la capacité du professeur. Il a tout de même lancé un appel aux jeunes universitaires diplômés d’accepter de prester dans le domaine de l’enseignement en attendant de trouver une embauche dans les domaines de leur choix. En effet, selon le Ministre, certains lauréats des universités préfèrent rester chômeurs au lieu d’aller enseigner.Il a demandé au Gouvernement et au Parlement qui encouragent la construction des lycées communaux, de chaque fois construire des logements pour professeurs. Là où c’est possible, a-t-il ajouté, alimenter ces logements en électricité. En effet, dans certaines localités, on construit des établissements scolaires secondaires et les logements des professeurs font défaut.

S’agissant du problème de chômage qui frappe les lauréats des Lycées Pédagogiques et des sections juridiques des écoles techniques, le ministre y a apporté des nuances. En fait, a-t-il fait savoir, les lauréats des Lycées Pédagogiques sont au chômage dans les provinces où ces écoles ont été créées en grand nombre. Pour illustration, dans la province de cankuzo, il n’y a pas des cas de chômages des enseignants de diplôme D6. Néanmoins, le Ministre rassure que cette section sera supprimée progressivement au profit de la formation des enseignants de niveau D7 en vue d’éviter une pénurie d’enseignants car chaque année on n’en recrute 3500 nouveaux.

Concernant les lauréats de l’ITAB, ceux-ci sont non seulement peu nombreux, mais ils ont une ouverture pour continuer leur formation universitaire à l’ISA, Institut Supérieur d’Agriculture. Le problème des lauréats des sections juridiques est complexe car ce sont les établissements scolaires privés qui s’empressent à créer des sections juridiques. Les parents se précipitent à inscrire ces enfants dans ces formations où à la fin du cursus il n’y a pas beaucoup d’opportunité d’emploi. Le Ministre a cependant tranquillisé. Cette question est déjà sous analyse dans les services de son Ministère et une réponse adéquate va être trouvée prochainement.

Concernant le rôle de l’inspection d’enseignement, ce dernier joue un rôle important. Au niveau de l’enseignement primaire, l’inspection est décentralisée jusqu’au niveau communal et cette situation est satisfaisante. C’est au niveau du secondaire où existe un problème. En effet, l’inspection à ce niveau est décentralisée jusqu’au niveau régional uniquement. Le Ministère concerné souhaite ainsi procéder à la décentralisation du service d’inspection jusqu’au niveau communal également.

Lorsqu’il s’agit de comparer la qualité de la formation au niveau des établissements secondaires du Burundi dans la Communauté Est Africaine, le Ministre Séverin Buzingo a rassuré que cette qualité est satisfaisante. Les enfants qui vont suivre l’enseignement supérieur dans les pays de la sous région s’en sortent très bien.

Avant de clôturer cette séance, le Président de l’Assemblée Nationale a demandé au Ministre de l’Enseignement de Base et Secondaire, l’Enseignement des Métiers, de la Formation Professionnelle et de l’Alphabétisation, quoiqu’il ait répondu de façon satisfaisante à ces interrogations et préoccupation de l’Assemblée Nationale, à les considérer comme des défis à atteindre.

 
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