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Questions orales avec débat adressées au Ministre de la Santé Publique et de la Lutte contre le SIDA

Publié vendredi 5 novembre 2010
parTharza Manirakiza
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La Ministre de la Santé Publique et de la Lutte contre le SIDA, Dr. Sabine Ntakarutimana, demande aux Honorables Députés de soutenir le Programme du Gouvernement qui consiste à accorder des primes de performance au personnel du secteur de la santé publique en revoyant à la hausse le crédit accordé à ce programme dans le prochain Budget de l’Etat pour que celui-ci se déroule sans beaucoup de difficultés et de sensibiliser aussi les responsables administratifs pour que ceux-ci s’approprient ce programme pour sa réussite. C’était ce mercredi 03 novembre 2010 lorsqu’elle répondait aux questions orales à l’Assemblée Nationale.

Au cours de cette séance de questions orales, la première pour cette Législature, les Honorables Députés voulaient avoir des éclaircissements sur l’organisation de ce programme, l’appréciation des fonctionnaires du secteur de santé vis-à-vis de ce programme, savoir si la population qui demande des services aux fonctionnaires de ce secteur y trouvent un léger mieux, savoir si ce programme va durer longtemps, être au courant de qui participe dans le financement de ce programme, la contribution des élus du peuple, y compris les Honorables Députés dans l’accomplissement de ce programme et voir si ce programme pourrait être élargi à d’autres secteurs de la vie nationale.

S’agissant de la manière dont ce programme a été accueilli par les fonctionnaires du secteur de la Santé Publique, la Ministre Sabine Ntakarutimana a répondu que ce programme a été accueilli favorablement. En guise d’illustration, elle a fait savoir que les arrêts de travail qui étaient très courants en 2008 n’existent plus. Les fonctionnaires ne se lamentent pas car il existe des primes pour toutes les catégories, les structures de soins restent ouvertes 24 heures sur 24 et il n’y a plus de problèmes de gardes, a-t-elle souligné. Les malades sont bien accueillis, il n’ya plus de longues files des patients qui attendent un médecin qui ne viendra que très tard dans la journée, tous les fonctionnaires travaillent beaucoup pour accroître le rendement et de facto gagner beaucoup. Les conditions d’hygiène naguère très précaires se sont nettement améliorées actuellement.

Pour bien évaluer ces prestataires, des comités de suivi composés des administratifs, des membres de la société civile, des associations des femmes et des leaders communautaires ont été mis en places. Ceux-ci se rendent régulièrement sur terrain et choisissent au hasard des personnes à interroger pour évaluer la qualité des prestations des fonctionnaires œuvrant dans la localité. Il a été alors recommandé de chaque fois former les membres du comité de suivi sur les techniques d’évaluation objective pour avoir de meilleurs résultats.

Quant à la question de savoir si ce programme va tenir pendant longtemps, la Ministre de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida pense que oui. En effet, les fonds qui font fonctionner ce programme sont essentiellement de l’Etat quoique des partenaires y contribuent pour un certain pourcentage. Ces partenaires sont la Coopération suisse, la Banque Mondiale, l’Union Européenne, la Coopération Technique Belge (CTB), les ONG comme Cordaid, T.P.O, C.N.L.S, G.V.C…. A titre d’illustration, au mois de septembre 2010 par exemple, la participation de l’Etat à ce programme a été d’un montant de 1.173.214.540FBU, Cordaid a donné un montant de 200 millions de Fbu, T.P.O a contribué à hauteur de 50millions de Fbu, CNLS a donné 150 millions de Fbu, CTB a contribué à hauteur de 70 millions de Fbu et GVC a contribué à hauteur de 25millions de Fbu.

Néanmoins, les Honorables Députés ont fait remarquer que même si l’Etat burundais fait des efforts pour financer ce programme, il a sur sa table beaucoup de priorités et que par conséquent il faudrait soumettre ce programme à d’autres partenaires mais aussi garder de bonnes relations avec les bailleurs déjà engagés dans ce financement. A la question de savoir si ce programme peut être étendu à d’autres secteurs qui intéressent la vie nationale, la Ministre Sabine Ntakarutimana a répondu en se basant sur l’expérience vécue en République Démocratique du Congo où le secteur de l’éducation bénéficie d’un programme similaire et que, paraît-il, marcherait très bien. Comme ce programme vise à accompagner les mesures du Président de la République en ce qui concerne la gratuité de l’accouchement et les soins de santé infantiles, l’inquiétude soulevée par les Honorables Députés étant que la société burundaise étant nataliste, il y aura augmentation du taux de natalité.

Réagissant à cette inquiétude, Madame la Ministre a fait savoir que ces mesures ont été prises dans le souci d’atteindre l’un des Objectifs du Développement du Millénaire (OMD) qui vise la réduction de la mortalité maternelle et infantile due au manque des structures d’accueil et de la mauvaise qualité des prestations des professionnels de la santé. Elle a alors appuyé son argumentation en donnant des exemples selon lesquels, avant la prise de ces mesures par le Président de la République, le taux de mortalité des femmes qui accouchent était élevé à cause de non fréquentation par ces femmes enceintes des structures sanitaires. Cependant, le Gouvernement a aussi une autre priorité en rapport avec la maîtrise de la démographie, raison pour laquelle beaucoup de moyens sont affectés dans le programme de planning familial au sein du ministère ayant en charge la santé publique. Plusieurs questions ont été posées et recommandations soumises au représentant du Gouvernement pour garantir la pérennité du programme et améliorer la qualité des prestations.

Signalons que ce programme a débuté en 2007 dans les provinces pilotes de Ngozi, Makamba, Cankuzo et Bubanza. Avec le mois d’avril 2010, le programme a été étendu sur tout le territoire national. Aujourd’hui, on étudie comment l’appliquer au niveau de l’administration centrale du Ministère ayant en charge la santé publique et la lutte contre le Sida.

Egide Kwizera

 
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