Assemblée Nationale du Burundi

 

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Questions orales avec débat adressées au Ministre de l’Energie et Mines

Publié lundi 27 juin 2011
parTharza Manirakiza
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« En augmentant les prix de l’eau et de l’électricité, l’Etat avait pensé au bien-être de la population la plus démunie, mais aussi au relèvement des services de la Régideso ». C’est ce qui a été annoncé en date du 24 juin 2011par le Ministre de l’Energie et des Mines, Moïse Bucumi, qui était convoqué à l’Assemblée Nationale pour répondre aux questions orales lui adressées. Les questions adressées au Ministre Moïse Bucumi avaient été préparées par la Commission de la Bonne Gouvernance et de la Privatisation et s’inscrivaient dans le but de mieux comprendre les raisons qui ont poussé le Gouvernement de changer les tarifications des services de la Régideso et de parler de la qualité de ces services.

La première question consistait à demander des éclaircissements sur la raison d’être de l’augmentation des prix, alors que la Régideso venait de recevoir un don de l’IDA dans le cadre de financement d’un projet d’urgence. Le Ministre de l’Energie et des Mines a répondu que malgré ce don, l’augmentation des prix s’impose car il y a une forte demande de connexion à l’électricité et à l’eau. Il a fait savoir que seuls 2% de la population burundaise a accès à l’électricité, tandis que pour l’eau, c’est 55% seulement de la population. De plus, ceux qui puisent l’eau à la borne fontaine payent 500Fbu/m3, ce qui signifie 10 Fbu par bidon alors que ceux qui ont l’adduction d’eau dans leurs ménages payent 83Fbu/m3.

En tenant compte des consommations de chacun, les nouvelles tarifications allaient permettre que ceux qui consomment plus devaient payer plus, les avantagés seraient ceux qui puisent à la borne fontaine publique car le bidon reviendrait à 6 Fbu par bidon et celui disposant de l’eau courante dans sa parcelle va payer 315 Fbu par mètre cube d’eau. La hausse des prix a été aussi occasionnée par le fait que la Régideso travaille à perte alors qu’elle est considérée comme une société commerciale. Le Burundi, pour satisfaire toute la demande, achète de l’électricité à un prix supérieur au prix d’exploitation, ce qui fait que la Régideso ne peut plus réaliser des projets pour agrandir ou construire d’autres centrales hydroélectriques. Avec les frais qu’elle fait payer, elle ne fait que l’entretien de son équipement. Il a rappelé que chaque année, le Gouvernement prévoit des subventions pour la Régideso et cette société ne peut pas continuer à subsister dans cette voie.

Le Burundi a besoin des investisseurs privés dans ce secteur pour produire plus d’énergie nécessaire au développement du pays. Le Ministre ayant l’énergie dans ses attributions a rappelé que le Burundi a prévu l’extraction du nickel, mais cela demande 170 MW, alors que la Régideso ne produit que 35 MW, en plus des 5 MW achetés à la Sinelac. Mais ces investisseurs ne peuvent pas amener leurs actions tant que les tarifs de l’eau et de l’électricité restent inchangés car, eux-aussi, leur premier souci est de réaliser des bénéfices.

Le Ministre de l’Energie et des Mines a aussi parlé des prévisions de la Régideso pour augmenter sa production et servir plus de clients. Il a fait savoir que cette société a prévu qu’en 2015, 15% de la population auront accès à l’électricité et 80% auront accès à l’eau potable. Pour y arriver, il est prévu la construction des nouveaux barrages hydroélectriques sur les rivières Kaburantwa et Mpanda, mais aussi construire des nouvelles adductions d’eau potable, ce à travers les travaux communautaires. Il a aussi fait savoir que l’énergie alternative comme l’énergie solaire sera exploitée, même si cela demande un vaste terrain où installer les panneaux solaires. Il a révélé que l’hôpital Roi Khaled servira bientôt de référence dans l’utilisation de l’énergie solaire. L’énergie solaire sera aussi utilisée dans les centres de santé ainsi que dans les écoles. A la suggestion de s’en tenir aux impayés surtout de l’Etat pour relever les revenus de la Régideso, le Ministre Moïse Bucumi a répliqué qu’ils ne s’élèvent qu’à 2,5 milliards seulement, une somme insuffisante pour être utilisée dans la réalisation de ces projets.

Il a déploré le manque de maîtrise dans l’application des nouveaux tarifs qui a caractérisé le personnel de la Régideso, mais aussi ceux qui perçoivent l’argent aux bornes fontaines publiques. Ainsi, les moins nantis, dont la consommation en électricité a été fixée entre 0 et 100kilowatts (KW) par mois, ont été obligés de payer les charges fixes qui s’élèvent à 3.200 Fbu, alors qu’ils en sont exemptés. Avec les nouvelles tarifications, cette tranche a vu les frais passer de 41 à 73 Fbu/KW et ceux qui sont dans la tranche de petit commerce vont payer 93 Fbu/KW sans charges fixes. Le Ministre de l’Energie et des Mines a tranquillisé que ceux qui ont indument payé les charges fixes ont été remboursés. A la population, il a été demandé de dénoncer tous ceux qui font payer à la borne fontaine plus que le tarif fixé par la Régideso. Quant aux files qui s’étendent à la Régideso pour l’achat des cartes de recharge des compteurs « cash power », le Ministre de l’Energie et des Mines a expliqué que suite à la nouveauté dans leur utilisation, les cartes de recharge s’achètent seulement à la Régideso. Il a ajouté que des experts sont entrain d’étudier ce qui peut être fait pour que ces cartes soient disponibles et vendues partout. Avant la fin de cette année, un rapport sera produit.

Les Honorables Députés ont affirmé que le manque de communication a caractérisé l’application des nouveaux tarifs. Ils ont demandé que plus de communication soit faite sur les motifs de ces nouveaux tarifs, afin que chaque consommateur se reconnaisse dans sa tranche et qu’il sache ce qu’il doit payer. L’amélioration de la qualité des services de la Régideso s’impose pour amoindrir les lamentations et les tracasseries des clients.

Le Président de l’Assemblée Nationale a conclu cette séance en rappelant que l’énergie est un préalable au développement du pays. Les Honorables Députés ont donc besoin d’une profonde compréhension de cette nouvelle tarification à appliquer, afin qu’ils puissent formuler des recommandations qui vont mener à une bonne orientation de cette politique. Pour ce, la Commission Bonne Gouvernance et Privatisation a été mandatée pour mener des consultations avec tous les concernés par ces tarifs et de fournir un rapport exhaustif dans de brefs délais, un rapport qui servira de base lorsque cette question sera encore une fois réétudiée à l’Assemblée Nationale, dans le but de donner des orientations qui sont en faveur du pays et de la population. Quant au Ministre de l’Energie et des Mines, il lui a été demandé de fournir des documents écrits qui ont servi à décider l’application de ces nouveaux tarifs.

Clarisse Biraronderwa

 
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