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Questions orales avec débat adressées au Ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et du Tourisme

Publié vendredi 26 octobre 2012
parChristine Nahimana
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Pourquoi la pénurie de l’essence se fait-il toujours sentir alors que le prix a été revu à la hausse, tous les intervenants en la matière ont-ils été concertés ? Pourquoi l’hémorragie de la carence du carburant est-elle forte seulement au Burundi par rapport aux autres pays de la sous-région ? Que fait le Gouvernement pour éradiquer ce fléau ?

Telles sont les quelques questions que les honorables députés ont posées à la ministre du commerce, de l’industrie, des postes et du tourisme au cours de la séance plénière de ce jeudi 25 octobre 2012 réservée aux questions orales avec débat.

Répondant à ces préoccupations des représentants du peuple, l’honorable Victoire Ndikumana a indiqué de prime abord que la pénurie du carburant s’observe dans la région. Au niveau du Burundi, le problème se pose avec acuité à cause de la combinaison de plusieurs facteurs dont le processus d’importation. La Tanzanie par laquelle transitent les importations ne dispose plus que le port de Dar es Salaam alors qu’avant 2008, celui de Mombassa était aussi fonctionnel. En plus, la Tanzanie a opéré des changements de structure pour l’exploitation du port de Dar-es Salaam qui relève désormais des particuliers. Le système de priorité pratiqué par ces derniers et l’incapacité de servir plusieurs bateaux expliquent le retard de déchargement.

L’envoyée du Gouvernement a également démontré que le prix n’a rien à voir avec la production du carburant. Deux cas sont à distinguer à propos de la fixation du prix. Le prix à l’importation est fixé par une commission conjointe composée de représentants de l’Etat, des pétroliers et de la société civile. Actuellement, le prix a été fixé en prenant la moyenne des deux derniers mois. Comme ce prix à l’importation influence le prix à la pompe, l’Etat se prive de certains droits pour ne pas rendre plus chère la vie des populations. Elle a cité les droits d’assises que l’Etat de perçoit plus. De ce fait, l’Etat enregistre chaque mois un manque à gagner équivalent à 2 milliard.

Le choc de pénurie de carburant est amoindri dans les autres pays de la sous région parce qu’ils disposent des stocks stratégiques. Au courant de la crise actuelle, le Gouvernement a octroyé 300.000 litres aux pétroliers. La ministre victoire Ndikumana a expliqué que l’Etat percevait 20 FBU par litre. En 2008-2009 le stock stratégique existait. En 2009-2010, les prix se sont stabilisés, ce qui a fait que la survie du stock stratégique s’amenuise.

Pour pallier à cette situation dans les meilleurs délais, le Gouvernement projette envoyer deux commissions en Tanzanie et au Kenya, respectivement à Dar es Salaam et à Mombassa. Même l’ambassadeur du Burundi accrédité en Tanzanie a déjà fait sienne cette question. Dans les consultations avec les autorités tanzaniennes, le projet de redémarrer le chemin de fer sera aussi abordé.

Les honorables députés se sont inquiétés de la spéculation qui entoure le commerce du carburant. En effet, ont-ils expliqué, chaque fois que la pénurie se fait sentir, le produit tarit dans certaines stations-services. Curieusement, le même produit se retrouve à gogo mais à un prix exhorbitant dans la commune urbaine de Buyenzi avec les conséquences fâcheuses que cette pratique de stocker l’essence dans les maisons comporte. La ministre ayant le commerce dans ses attributions a promis de collaborer avec les corps de police et de sécurité, mais aussi elle a exhorté le concours de tout un chacun, et surtout les honorables députés.

Aussitôt que le prix est officiellement revu à la hausse, ont aussi remarqué les représentants du peuple, le carburant rejaillit mystérieusement dans les stations services. Selon l’honorable Victoire Ndikumana, la nature humaine est ainsi faite. La loi de l’offre et de la demande joue aussi son rôle dans cette situation.

D’autres honorables députés ont proposé de convertir en stock stratégique l’aide en carburant. Pour le membre du Gouvernement, les pays donateurs souscrivent cette aide à certaines conditionnalités. Elle a cité le cas du Japon qui offre du carburant mais exige que le montant de la vente soit injecté dans un projet tel. Toutefois, elle a promis de s’entretenir avec son collègue ayant en charge les relations extérieures.

Vous saurez que la ministre Victoire Ndikumana a soulevé le malentendu dont son directeur général a été victime quand il s’exprimait sur la voie des ondes au sujet de la pénurie du carburant. L’embouteillage dont parlait monsieur Jérémie Banigwaninzigo est celui des bateaux dans le port de Dar es Salaam et non celui des véhicules comme certains l’ont cru.

 
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