Assemblée Nationale du Burundi

 

Accueil du site » Français » ACTIVITÉS » Actualité

Session de sensibilisation des Parlementaires sur la loi n°1/12 du 18 avril 2006 portant Mesures de prévention et de répression de la corruption et des infractions connexes

Publié jeudi 23 juin 2011
parTharza Manirakiza
:

La corruption étant un fléau qui gangrène la vie du pays à tous les niveaux, sa lutte appelle l’apport de tout et chacun pour que le Burundi soit assaini et cette mauvaise pratique y soit bannie. C’est dans cette vision qu’il a été organisé, en dates des 7 et 8 juin 2011, à l’Hôtel la Palmeraie, une session de sensibilisation des Parlementaires sur la loi n°1/12 du 18 avril 2006 portant Mesures de prévention et de répression de la corruption et des infractions connexes.

Cette session avait été organisée dans le but d’amener les Parlementaires membres de la Commission permanente de la Bonne Gouvernance et de la Privatisation des deux Chambres du Parlement de s’imprégner du contenu de la loi.

Madame Juliette Kavabuha, qui avait représenté le Représentant de USAID Burundi, a fait savoir qu’en proclamant la politique de la tolérance zéro, le Président de la République du Burundi a exprimé sa volonté politique et a invité tout Burundais à prendre part dans cette lutte contre la corruption. Elle a rappelé que les bailleurs ainsi que le gouvernement américain apprécient les initiatives entreprises par le gouvernement burundais et le parlement burundais dans la construction de la bonne gouvernance dans le pays.

Elle a par la même occasion apprécié la tenue de cette sensibilisation initiée par les Parlementaires étant donné que ceux-ci sont proches de l’électorat et ont le rôle de protéger la population de la corruption, garantir le partage équitable des ressources publiques et s’assurer que chaque citoyen accède à ce qui lui revient de droit. Madame Juliette Kavabuha a demandé aux Parlementaires de puiser dans cette session des connaissances et de réfléchir sur les stratégies de travail en synergie de façon à intervenir en temps opportun pour décourager les corrompus et les corrupteurs et dénoncer ceux qui s’adonnent à des malversations économiques. Elle a terminé en demandant aux représentants du peuple d’être des vaillants acteurs dans cette lutte pour restaurer la fierté du peuple burundais dans le concert des nations.

Les thèmes exposés ont porté sur la corruption, ses indicateurs, les instruments tant nationaux qu’internationaux de lutte contre la corruption, l’évolution de la lutte contre la corruption au Burundi ainsi que les mécanismes de contrôle de la lutte contre la corruption au Burundi, le rôle du parlement dans la lutte contre la corruption, ainsi que l’intervention citoyenne des Parlementaires pour réussir la lutte contre la corruption.

Même si le mot « corruption » n’a pas de définition fixe, il est reconnu que la corruption consiste à abuser d’une charge publique à son avantage personnel ou l’intérêt d’un autre groupe pour avoir des intérêts personnels. La corruption se pratique là où il y a manque de transparence, d’ouverture et de reddition des comptes. Ses conséquences sont la mise en péril de la réalisation des objectifs de développement durable, l’aggravation de l’écart entre les riches et les pauvres, elle entraîne la perte de confiance dans l’Etat, etc. Quant à l’évolution de la lutte contre la corruption au Burundi, il a été annoncé que depuis l’époque précoloniale la corruption a toujours existé, c’est-à-dire qu’elle est enracinée dans la culture burundaise. Ce qui l’atténuait était le fait que les Burundais n’avaient pas l’engouement pour avoir plus de richesses. Depuis cette période, des juridictions y relatives ont été mises en place, même s’elles n’ont pas été productives, d’autres avaient un caractère inquisitorial. En 2005, le Burundi s’est mis au diapason du monde et a signé les Conventions des Nations Unies et de l’Union Africaine de lutte contre la corruption.

Le Burundi doit donc prouver sa crédibilité dans ce domaine. Les parlementaires ont été interpelés de voter des lois objectives de lutte contre la corruption. Ces derniers ont reconnu que la corruption remonte de loin dans l’histoire du Burundi, et que son évolution depuis l’indépendance doit être connue, dans le but d’éviter à continuer à entretenir le flou. Il y a besoin urgent de réinstaurer le scrupule dans la culture burundaise car depuis la crise qu’a connu le pays, le pays fait face à une crise des valeurs.

Les mécanismes nationaux dont dispose le Burundi pour lutter contre la corruption ont été passés en revue. Il s’agit du contrôle parlementaire à priori du budget, l’audition des membres du Gouvernement par le Parlement, le suivi budgétaire par la société civile, la Cour des Comptes, l’Inspection Générale de l’Etat.

Il a été démontré que le rôle du Parlement dans la lutte contre la corruption est primordial. Ainsi donc, le Parlement doit faire preuve de leadership car il joue un rôle important dans la bonne gouvernance du pays et doit obliger toutes les Institutions du pays à rendre compte et adopter une attitude transparente.

Les thèmes exposés ont enclenché un débat riche. Ainsi, les Parlementaires ont reconnu que la petite corruption gangrène la société et qu’elle doit être éradiquée comme la grande corruption. Pour ce, la révision de la loi anti-corruption s’impose, afin d’arriver à une loi efficace. Ils ont rappelé que les accords d’Arusha prévoient le renvoi de tout agent public accusé de corruption et ont demandé que cette mesure soit appliquée pour assainir le pays. L’introduction de la traçabilité des traitements des dossiers administratifs et la fixation des délais butoirs pour leur clôture, de même que l’identification des lieux de corruption de la base au sommet s’imposent, tout comme l’affichage des lois dans les lieux publics. De plus, la notion d’intégrité doit être incluse dans la loi, afin de récompenser et promouvoir des personnes intègres.

Les parlementaires ont aussi convenu sur la saisie-conservatoire des biens des gens accusés de corruption et de malversations économiques afin que ces biens soient restitués à l’Etat.

Signalons que le Commissaire Général de la Brigade anti-corruption a partagé avec le Parlementaires l’expérience de la lutte anti-corruption au Burundi et ce dernier a informé que beaucoup est entrain d’être fait malgré les imperfections relevées dans la loi anti-corruption. Il a saisi cette occasion pour demander que cette loi soit révisée.

Clarisse Biraronderwa

 
BP 120 Bujumbura - Burundi | Tél. : +257 22 26 70 55/51 | Email : communication@assemblee.bi |