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Analyse et adoption du Projet de loi relatif à la Stabulation permanente et à l’Interdiction de la divagation des Animaux domestiques et de la Basse-Cour au Burundi

Publié samedi 18 août 2018
parChristine Nahimana
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Jeudi 16 août 2018, l’Assemblée Nationale a voté à l’unanimité le Projet de loi relatif à la Stabulation permanente et à l’Interdiction de la divagation des Animaux domestiques et de la Basse-Cour au Burundi.

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Le Ministre de l’Agriculture, de l’Elévage et de l’Environnement présentant son exposée de motif

L’élevage extensif est confronté au problème de démographie galopante qui a fait que les terres soient allées en s’amenuisant et les éleveurs sont donc confrontés aux problèmes de réduction des pâturages communautaires et à la disponibilité des aliments pour le bétail et la volaille, a commenté, dans son exposé des motifs, le Ministre de l’Agriculture, de l’élevage et de l’Environnement le Docteur Déo-Guide RUREMA a ajouté que la majorité des éleveurs conduisent leurs animaux au pâturage ou les laissent errer dans les exploitations. Cela, a-t-il expliqué, occasionne des conflits entre les voisins d’une part, entre les éleveurs et les agriculteurs d’autre part, qui voient leurs cultures abîmées par les animaux. Un autre problème lié à l’élevage extensif, a-t-il poursuivi, c’est la transmission et la propagande des maladies infectieuses et non infectieuses. De surcroît, a-t-il renchéri, ceci est à la base de la prolifération des maladies zoonotiques. C’est pour toutes ces raisons que le ministère en charge de l’élevage sensibilise les agro-éleveurs à adopter progressivement la stabulation permanente, qui est un mode d’élevage qui améliore la santé du bétail, procure une bonne production et des revenus sans nuire à l’environnement et aux intérêts d’autrui, a-t-il conclu.

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Vue de Profil des Honorables Députés en train de voter à main levée

Les Députés ont conseillé au Membre du Gouvernement d’user de la prudence. La stabulation est possible pour un ménage qui dispose de deux ou trois vaches. Mais pour un éleveur dont l’étable compte 500 vaches, où va-t-il trouver un domaine pour cultiver l’herbe pour son bétail ?, ont-ils interrogé. Que le Gouvernement disponibilise plutôt les terres domaniales en vue de l’opérationnalisation de ce projet phare. A propos justement de ces terres domaniales, force est de constater les lois les régissant sont bafouées au vu et au su de tout le monde, a avancé une opinion qui a plaidé pour les éleveurs nationaux. Ces derniers devraient être privilégiés lors de la vente des fermes tombées en faillite. Au lieu de vendre ces infrastructures aux étrangers, le mieux serait de les céder aux Burundais qui épureront leur dette au fil du temps, ont conseillé les Députés qui ont aussi jugé que le délai de deux ans est insignifiant eu égard aux travaux qu’exige cette pratique de stabulation.

Le projet de stabulation a été longuement mûri, a rassuré le Ministre Déo-Guide RUREMA. Des suggestions provenaient des éleveurs eux-mêmes, a-t-il renchéri. Il a aussi confié que son ministère va être restructuré. Le gros du travail pour le personnel se fera désormais sur terrain et non dans les bureaux.

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Les Membres du Bureau de l’Assemblée Nationale votant à main levée

Les DPAE seront totalement restructurées à telle enseigne que 11 différents départements vont travailler en synergie dans ce secteur. Les terres domaniales seront recensées et protégés. Il invite plutôt les éleveurs modernes à se regrouper en coopératives. Il leur suggère également de présenter leur projet au ministère. La plénière s’est en fin de compte convenu pour un délai de trois ans avant l’opérationnalisation de la loi.

Des éleveurs de la commune de Gihanga, région qui approvisionne la Mairie de Bujumbura en lait de vache, étaient invités à l’Hémicycle de Kigobe lors de l’analyse de ce projet de loi.

 
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