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Questions orales avec débat à l’endroit de deux Membres du Gouvernement.

Publié mercredi 16 janvier 2019
parChristine Nahimana
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Les subsides annuels de 500 millions que le Gouvernement alloue à chaque commune sont suffisants pour l’achat d’un véhicule de travail à chaque administrateur communal, a reconnu le Ministre de l’Intérieur, du Développement Communal et de la Formation qui a plutôt situé l’impasse au niveau du manque de devises.

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Les Deux Membres du Gouvernement répondant aux questions des Députés

Monsieur Pascal BARANDAGIYE encourage ces entités administratives à puiser dans leurs fonds propres pour assurer la locomotion de leurs chefs. Ensemble avec le Ministre de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage, les deux Membres du Gouvernement répondaient aux questions orales avec débat lors de la séance plénière de mardi 15 janvier 2019. Les Députés ont formulé ces questions à la suite d’une descente menée par la Commission de l’Agriculture, de l’Elevage, de l’Environnement, du Développement Communal et des travaux Publics. Le but de la descente était d’évaluer l’effet des subsides en matière de développement communal.

Les ingénieurs embauchés pour suivre de près la construction des infrastructures ne sont pas perçus d’un bon œil par certains administrateurs communaux qui les traitent de rivaux, ont fait remarquer les Députés qui proposent d’ailleurs que ces fonctionnaires soient rémunérés par les communes.

Par contre, a nuancé le Ministre Pascal BARANDAGIYE, certaines communes ont bien accueilli ces ingénieurs qui sont du reste régis par la Fonction Publique. Si la commune se propose de les prendre en charge, le Gouvernement sera désengorgé. Toutefois, certaines communes ne seraient pas à la hauteur, a-t-il reconnu.

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Vue d’ensemble des Membres du Bureau de l’Assemblée Nationale pendant la plenière

Pour ceux qui proposent que le budget des subsides soit revu à la hausse, le Ministre de l’Intérieur, du Développement Communal et de la Formation Patriotique a rétorqué qu’il faut au préalable une évaluation de l’effet déjà induit par le budget existant. Au moment où la plénière a proposé que le budget soit proportionnel à ‘effectif de la population, le Ministre en charge de l’Intérieur aimerait qu’une attention particulière soit attachée aux communes urbaines de la Mairie de Bujumbura qui hébergent les chômeurs du pays.

Est-ce qu’il n’y aurait pas moyen d’arrêter un cadre légal pour les travaux de développement communautaire ?, ont encore imploré les Députés.

Le Ministre Pascal BARANDAGIYE qui a répondu par l’affirmative a avoué l’existence d’une orientation dans ce sens. En effet, a-t-il expliqué, trois samedi sur quatre que compte un mois sont consacrés aux travaux de développement tandis qu’un seul samedi est réservé à la salubrité. Seulement, a-t-il poursuivi, les chefs administratifs mobilisent la population quand une autorité participe à ces activités mais ils oublient de les sensibiliser à se munir des outils de travail. Pour pallier à ce défi, il conseille l’administration à la base d’organiser les activités par zones au lieu de se concentrer en masse dans une seule place sans rien faire.

Force est de constater que l’administration à la base se désintéresse de la culture du café, a averti la plénière qui a démontré que le petit peuple n’est pas suffisamment sensibilisé. Le Fonds Koweitien et le Fonds STABEX n’appuient plus ce secteur, qui pis est, le Gouvernement a adopté la politique de décentralisation. Le producteur se sent déstabilisé quand il s’agit de s’acheter les outils de travail, ce qui l’amène au final à se désintéresser de cette culture.

Le Ministre de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage a plutôt confié les efforts du Gouvernement pour restructurer le secteur du café. Actuellement l’intérêt public prime sur l’intérêt personnel, ce qui n’a pas été toujours le cas, a démontré le Docteur Déo Guide RUREMA avant d’ajouter que le Gouvernement, par le biais de la Banque centrale, octroie aux producteurs des crédits à faible taux d’intérêt.

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Ve de profil des Honorables Députés

Alors qu’il fut un temps où ce taux était de 18%, il est actuellement tombé à 7%. Le Gouvernement s’attèle également à lutter contre la fraude. Cette mesure a permis d’atteindre la production de 170 tonnes de café cerise, s’est-il réjoui avant de signaler que le Gouvernement a revu à la hausse le prix du café cerise par kilogramme qui est passé de 320 à 500 FBU, voire 600 FBU, histoire d’encourager le producteur. Dans ce même registre, le Gouvernement octroie aux producteurs des engrais chimiques à bas prix. Ceux qui doivent aux producteurs leur dû sont dans le collimateur du Gouvernement qui a déjà saisi à leur encontre la Cour Anti-corruption. Le Ministère de tutelle va dorénavant adopter la politique de suivre de près le producteur dans son caféier.

La plénière et le Ministre Déo Guide RUREMA ont été unanimes au sujet de la vulgarisation des semences traditionnelles au détriment des OGM qui sont décriés au niveau international. Le Membre du Gouvernement a également tranquillisé à propos de l’usage de l’engrais organo-minéral. Ce mélange ne nuit pas le sol, a-t-il rassuré.

 
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