Assemblée Nationale du Burundi

 

Accueil du site » Français » VOTE DE LOIS » Analyse et adoption en plénière

Analyse et adoption du Projet de loi portant Fixation de la Capitale Politique et de la Capitale Economique du Burundi.

Publié mercredi 16 janvier 2019
parChristine Nahimana
:

La capitale politique du Burundi est fixée au Chef-lieu de la Province de Gitega. La capitale économique est fixée au Chef-lieu de la Mairie de Bujumbura. Tels sont les deux premiers articles sur les quatre qui constituent le Projet de loi portant Fixation de la Capitale Politique et de la Capitale Économique du Burundi. Objet de la séance plénière de mercredi 16 janvier 2019, ce Projet de loi a été adopté à 108 voix Pour et une voix Contre.

JPEG - 127.2 ko
Vue de Profil des Honorables Députés votant à main lévée

L’idée de séparer les deux capitales ne date pas d’hier, a rappelé, dans son exposé des motifs, le Ministre de l’Intérieur, du Développement local et de la Formation Patriotique. Monsieur Pascal BARANDAGIYE a cité notamment l’article 4 de la Constitution du 20 novembre 1981 : « La capitale du pays est fixée à Bujumbura. Elle peut être transférée en tout autre lieu de la République par la loi ». Bien qu’exprimé dans cet article, a-t-il déploré, aucune mesure concrète n’a été entreprise pour transférer la capitale Bujumbura dans un autre lieu du territoire national.

Ainsi avec la Constitution promulguée le 7 juin 2018, a-t-il poursuivi, l’article 9 semble clarifier la situation en annonçant entre autres que « la capitale du Burundi est fixée à Bujumbura. La loi peut la transférer en tout autre lieu de la République ou séparer la capitale politique de la capitale économique ».

En vue de veiller au développement harmonieux et équilibré, a-t-il renchéri, l’Etat prend des mesures pour promouvoir le développement économique et social en décongestionnant certaines entités, d’où nécessité de séparer la capitale politique de la capitale économique comme la population ne cesse de le réclamer. Même d’autres pays, a-t-il signalé, distinguent les capitales politiques et les capitales économiques. Et de citer la Tanzanie, le Cameroun, les Etats-Unis et l’Afrique du Sud. Ainsi, a-t-il conclu, Bujumbura sera la capitale économique du pays au regard du volume des activités qui s’y exercent et Gitega, centre du pays, deviendra la capitale politique.

JPEG - 71.6 ko
Le Ministre de l’Intérieur, du Développement local et de la Formation Patriotique présentant son exposé des motifs

Il y a un agenda caché, a douté la plénière qui s’étonne de ce Projet de loi qui tombe à la veille des échéances électorales de 2020. Pourquoi, a-t-elle encore interrogé, déplacer la capitale politique à Gitega alors que le Palais présidentiel vient d’être érigé à Bujumbura ? Vaut mieux plus tard que jamais !, a rétorqué le Ministre Pascal BARANDAGIYE qui félicite plutôt le Gouvernement du Burundi d’avoir pris cette décision héroïque. Il n’est pas bon de concentrer en un même lieu l’arsenal militaire et sécuritaire, ainsi que les stratégies économiques. Le Membre du Gouvernement ne voit aucun inconvénient de bâtir la Palais présidentiel dans une capitale économique. Rien n’exclut de construire une autre bâtisse à Gitega. Tout est reconnaissant que c’est un bon Projet, la plénière a quand même émis des réserves quant à son opérationnalisation. Gitega ne remplit pas toutes les conditions pour accueillir un si grand nombre de personnes. Y a-t-il des bureaux pour abriter tous les services des différents ministères ?, a-t-elle encore questionné. Et d’ailleurs cette politique de séparer la capitale politique de la capitale économique est digne de pays vaste, a-t-elle également avancé.

L’Envoyé du Gouvernement a averti que c’est tout un processus. Si Gitega n’est pas apte à devenir la capitale politique, rien ne coûte à essayer. Ce qui peut se faire dans l’immédiat va se concrétiser, sinon la Commission qui a été mise en place à Gitega va inventorier tous les défis qui seront corrigés au fil du temps. Dans trois ans, toutes les institutions qui relèvent du domaine politique seront à Gitega, a insisté le Ministre Pascal BARANDAGIYE qui projette que dans 10 ans Gitega sera la capitale politique du Burundi à part entière. L’Invité du jour a par ailleurs balayé d’un revers de la main l’argument selon lequel seuls les pays vastes ont la latitude de séparer les capitales politique et économique. Chaque pays a ses raisons qui le poussent à opter pour cette politique, a-t-il expliqué.

JPEG - 112.6 ko
Les Membres du Bureau de l’Assemblée Nationale votant à main lévée

L’article 4 qui stipule que la présente loi entre en vigueur le jour de sa promulgation a été différemment interprété lors de la plénière.

Le Projet de loi sous analyse a pour objet de séparer la capitale politique de la capitale économique, a éclairé une opinion qui a du coup tranquillisé que tous les ministères concernés ne vont pas œuvrer sur le champ à Gitega.

Les Députés ont suggéré au Représentant du Gouvernement d’ajouter le Ministère de la Justice, de la Protection Civique et Garde des Sceaux à la liste des cinq Ministères qui sont sommés de monter dans un premier temps à Gitega.

 
BP 120 Bujumbura - Burundi | Tél. : +257 22 26 70 55/51 | Email : communication@assemblee.bi |