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Analyse et adoption du Projet de loi portant Ratification par la République du Burundi de l’Accord de Crédit N˚13/733 entre la République du Burundi et le Fonds Saoudien pour le Développement relatif au Projet de Construction et d’Equipement de l’Institut Supérieur de Cibitoke, signé à Bujumbura, le 21/11/2018.

Publié mardi 26 février 2019
parChristine Nahimana
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12 millions de Dollars américains, c’est le montant du crédit que le Fonds Saoudien pour le développement va octroyer au Gouvernement du Burundi. Cette disposition figure dans le Projet de loi portant Ratification par la République du Burundi de l’Accord de Crédit N˚13/733 entre la République du Burundi et le Fonds Saoudien pour le Développement relatif au Projet de Construction et d’Equipement de l’Institut Supérieur de Cibitoke, signé à Bujumbura, le 21/11/2018, un projet de loi qui a été analysé et adopté à l’unanimité au cours de la séance plénière de lundi 25 février 2019.

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Vue de profil des Honorables votant à main levée

Dans son exposé des motifs, le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique a qualifié l’artisanat comme une autre source de revenus des ménages au Burundi. En effet, a expliqué Monsieur Gaspard BANYANKIMBONA, le pays vit essentiellement de l’agriculture. Or, a-t-il déploré, les terres s’amenuisent de plus en plus suite à la densité très élevée de la population. Donc, a-t-il conclu, la nécessité d’augmenter les richesses s’impose. L’une des solutions pour y parvenir, a-t-il proposé, est de recourir aux activités génératrices de revenus dans les secteurs autres que l’agriculture. Pour ce faire, a-t-il concrétisé, il faut diversifier les offres de formation en insistant sur les écoles de métiers et les instituts supérieurs d’enseignement technique.

C’est dans ce cadre que deux grandes réformes de l’éducation sont entreprises depuis 2005, s’est-il réjoui avant d’énumérer l’introduction de l’Ecole fondamentale dans le système de l’enseignement primaire et la réforme de l’enseignement supérieur et de la recherche. Avec l’Ecole fondamentale, l’élève a la possibilité de suivre le cycle supérieur des humanités générales ou techniques ou un enseignement professionnel débouchant directement à l’emploi ou à l’auto-prise en charge, a-t-il insisté en précisant que la réforme de l’enseignement supérieur concerne la professionnalisation de l’enseignement supérieur par la diversification des filières de formation en créant des instituts professionnels dont les instituts polytechniques.

Les éléments pilotes, a-t-il détaillé, sont envisagés à Cankuzo, Cibitoke et Muyinga pour les instituts professionnels, à Rutana pour l’institut supérieur des mines et à Karusi pour le centre d’excellence en éducation sportive. Tous ces projets, a-t-il poursuivi, sont alignés parmi les priorités du Plan National de Développement du Burundi, PND 2018-2027.

C’est la première fois que les Députés analysent pour adoption un projet de l’accord de prêt du genre, s’est épatée la plénière qui a du coup loué le Gouvernement pour cette décision. Néanmoins, elle a quand même émis quelques inquiétudes.

Le projet sous analyse vise la construction et l’équipement de l’Institut Supérieur au chef-lieu de la province de Cibitoke alors qu’il existe d’autres bâtisses qui risquent de tomber en état de ruine. Elles sont là, elles ne servent à rien. Ne fallait-il par commencer à équiper justement ces immeubles déjà érigés ?, ont-ils interrogé.

Pour le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, les écoles techniques exigent des constructions et équipements spécifiques selon les domaines.

La plénière a inversé la situation, a alerté une opinion qui a avancé que l’introduction de l’Ecole fondamentale devrait aller de pair avec la réforme de l’enseignement supérieur pour la formation des professeurs de ces ECOFO. Dans le cas d’espèce, le risque d’enregistrer un vide est là, surtout qu’il est prévu une école de métier dans chaque commune du pays. L’enveloppe semble suffisante, a reconnu l’opinion qui s’étonne pourtant de l’absence de l’avant-projet sommaire, alors que c’est cela qui détermine justement l’enveloppe. Le crédit est destiné à l’étude de faisabilité et à l’élaboration des plans actualisés. Il aurait été souhaitable de commencer justement par-là, a-t-elle démontré. Les fonds sont destinés aux équipements, a-t-elle encore commenté avant de s’interroger si les laboratoires prévus seront de qualité. Elle s’appuie sur le fait que la technique se base sur le laboratoire. Ce sont les élèves les plus intelligents qui étaient orientés dans le temps vers l’enseignement technique mais aujourd’hui la technique récupère les élèves qui ont échoué l’enseignement classique. N’y-a-t-il pas moyen de remettre la technique à sa place de choix ?, a-t-elle encore demandé.

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le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique présentant son exposée des motifs

L’Invité du jour a affirmé qu’il existe un document qui renferme l’étude de faisabilité et qui contient des chiffres exacts. A propos du retard enregistré en matière d’implantation de l’enseignement supérieur, le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique a reconnu que son institution a été longtemps déstabilisée. Tantôt elle faisait partie du Ministère de l’Education Nationale, tantôt elle formait un ministère à part. Une autre raison qui expliquerait cette situation est que dans le cadre des OMD (Objectifs du Millénaire pour le Développement), l’accent était mis sur l’enseignement de base avec le programme de l’Enseignement pour tous. Maintenant que le Gouvernement a pris les choses en main, les changements palpables vont être enregistrés, a-t-il rassuré avant de promettre de revaloriser l’enseignement technique. Quant à l’Institut Supérieur de Cibitoke sous étude, il n’a pas douté que l’équipement sera des plus modernes.

L’adéquation formation-emploi est un autre aspect à tenir en compte dans l’installation des écoles de métiers, a conseillé un Député qui a d’ailleurs proposé dans ce cadre le renforcement de la coopération régionale. Il a rappelé qu’il existe du matériel qui n’est pas usagé alors qu’il peut servir d’outil didactique à ces écoles techniques. Si l’équipement était inventorié, le Gouvernement récupérerait les fonds qui seraient destinés à l’achat de ces outils. La SOSUMO est la seule entreprise du pays qui fonctionne grâce à l’énergie électrique qu’elle produit elle-même. Si une école technique s’installait dans les parages de l’entreprise, les élèves seraient à l’aise.

Sous les autres cieux, les entreprises installent elles-mêmes des écoles appropriées ou alors encadrent des stagiaires parmi lesquels elles recrutent les plus performants. L’expérience serait de mise au pays, a-t-il démontré.

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Vue de profil des Honorables pendant la plénière

Dans la sous-région existent depuis longtemps des écoles techniques dont le Burundi a actuellement besoin. C’est notamment la filière concernant les mines à Lubumbashi en RDC ou l’école de kinésithérapie à Moshi en Tanzanie. D’une pierre, le Gouvernement ferait deux coups. Non seulement les coûts de formation seraient minimisés mais aussi les étudiants reviendraient au pays.

Le Ministre Gaspard BANYANKIMBONA a convergé avec l’intervenant à propos de l’adéquation formation- emploi. C’est un défi pour le pays qui ne tient pas compte seulement de ce paramètre, a-t-il regretté en précisant que les ODD (Objectifs du Développement Durable), particulièrement le 17ème Objectif suggère la collégialité d’ici l’an 2030. C’est dans le souci de matérialiser cet objectif que le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique a organisé en date du 31 janvier 2019 une réunion des différents services. Il est aussi envisagé une synergie des universités et des hommes d’affaires pour la promotion de la formation et de la recherche.

A propos des Stagiaires, le Membre du Gouvernement a plutôt sollicité l’appui des Parlementaires. Les autres pays ont déjà matérialisé par une loi la maxime qui dit que tout lieu de travail est un lieu d’apprentissage. Il est regrettable que des entreprises publiques refusent l’accès aux stagiaires. Et de proposer que le Gouvernement assure pour ces entreprises un allègement fiscal qui serait réinvestit en accueil des stagiaires. Il a aussi confié qu’une filière en kinésithérapie verra bientôt le jour à l’INSP.

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Les Membres du Bureau de l’Assemblée Nationale votant à main levée

Par ailleurs, la formation à Lubumbashi se heurte au problème de moyens financiers, a déploré l’Envoyé du Gouvernement qui a expliqué le contour du chemin qui mène à Lubumbashi en transitant par l’Ethiopie ou le Kenya. Mais une issue intermédiaire a été trouvée avec l’enseignement en ligne, s’est-il réjoui.

Au sujet de la médecine vétérinaire qui a été très sollicitée par la plénière, le Ministre Gaspard BANYANKIMBONA a tranquillisé. Non seulement un accord a été signé avec la Russie pour la formation qui est déjà effective, des étudiants Burundais, mais aussi l’Université du Burundi évolue vers là. Entretemps, il est déjà instauré une filière de la santé animale.

Signalons que l’Envoyé du Gouvernement a révélé des mesures pour contraindre les étudiants qui poursuivent leurs études en Europe de rentrer au pays. Non seulement l’étudiant signe un contrat mais aussi son conjoint ou un autre membre de la famille doit aussi signer un contrat pour renforcer l’engagement pris.

 
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