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Questions orales avec débat à l’endroit du Ministre de la Justice, de la Protection civile et Garde des Sceaux.

Publié mercredi 17 avril 2019
parChristine Nahimana
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L’ADN n’est pas le moyen efficace de reconnaître la paternité d’un enfant, a réfuté mardi 9 avril 2019 le Ministre de la Justice, de la Protection civique et Garde des Sceaux. Maître Aimée Laurentine KANYANA s’exprimait au cours de la séance des questions orales avec débat, séance dirigée par l’Honorable Agathon RWASA, Deuxième Vice-Président de l’Assemblée Nationale. Ces questions ont formulées à la suite de la descente qui a amené la Commission de la Justice et des Droits de la Personne Humaine dans les quatre anciennes circonscriptions judiciaires pour se rendre compte de la problématique d’accès à la justice pour tous au Burundi.

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Le Ministre de la Justice, de la Protection civique et Garde des Sceaux répondant aux questions des Honorables Députés

Le recours à l’ADN est un moyen cher, et donc inaccessible pour la majorité de Burundais, a avancé le Membre du Gouvernement qui juge qu’il y mille méthodes de faire avouer la paternité. Pour le Ministre Aimée Laurentine KANYANA, l’entourage est le premier témoin de deux personnes qui se fréquentent. Une autre raison qui pousse l’Envoyée du Gouvernement à ne pas plaider pour l’usage de l’ADN, c’est que cette méthode risque d’ajouter le drame au drame. Si jamais elle était instaurée au pays, il faut s’attendre à des hommes qui reconnaîtraient leurs enfants si et seulement si l’ADN le prouvait. Qu’adviendrait-il si les moyens financiers de la victime ne le permettaient pas ?, a-t-elle interrogé comme pour démontrer la délicatesse de la méthode.

Par ailleurs, le Représentant du Gouvernement a profité de l’occasion pour prodiguer des conseils à tout le monde. Dans ce genre de litiges, le genre est considéré au même pied d’égalité. Les deux partenaires sont responsables de leur geste. Les prostituées qui ont des partenaires multiples doivent être conscientes des risques qu’elles courent. Une jeune fille qui sort avec un homme marié doit endosser les conséquences de son comportement. Un homme marié ne doit non plus se livrer au vagabondage sexuel en ramenant à la maison les enfants qu’il a engendrés en dehors du foyer, alors que le ménage implique l’homme et la femme. La femme contribue actuellement à la survie du ménage. Il ne revient donc pas à l’homme de surcharger le ménage sans l’aval de son épouse.

Le Ministre Aimée Laurentine KANYANA a surtout plaidé pour ces enfants issus de l’union libre. Ils sont des fois victimes de mauvais traitements de la belle-mère si par chance ils ne sont pas empoisonnés. La période électorale est un moment crucial, a fait observer un Député qui craint pour la sécurité des uns et des autres. Au moment où un partisan de l’opposition est emprisonné pour un délit minime, un membre du parti au pouvoir peut se la couler douce alors qu’il a commis une faute grave.

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Vue d’ensemble des membres du bureau de l’Assemblée Nationale pendant la plénière

L’Envoyée du Gouvernement a rassuré que le justice est au service de tout le monde. Si un juge quelconque est partisan, c’est qu’il rend un mauvais service au parti présidentiel. Si quand même de tels cas se manifestaient, elle invite tout le monde à les dénoncer.

Pour la période sollicitée de stages pour les juges à l’instar des médecins, le Ministre Aimée Laurentine KANYANA a expliqué que les deux premières années d’engagement sont considérées comme une période de stage au cours duquel le nouveau recru apprend les péripéties du métier. C’est d’ailleurs à l’issue de cette période que sort un décret nommant un tel au grade de juge.

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Vue partielle des Honorables Députés

D’autre part, elle a attiré l’attention des Députés sur les risques du métier de juge, raison pour laquelle les universités qui disposent de la faculté de droit doivent être suivies de près. Tout le monde n’a pas la vocation d’être juge, a-t-elle avoué.

Notons que la Commission de la Justice et des Droits de la Personne Humaine a collaboré au cours de cette descente avec l’Observatoire de l’Action Gouvernementale, OAG sur financement de CORDAID. La Commission a été à Rutana en date du 12/12/2018 pour la circonscription judiciaire de Bururi qui regroupe les provinces de Bururi, Makamba, Rumonge et Rutana. Le lendemain elle était à la Circonscription judiciaire de Gitega où se sont réunies au chef-lieu les provinces de Gitega, Cankuzo, Ruyigi et Karuzi. A la circonscription judiciaire de Ngozi, la rencontre qui s’est tenu le 15/12/2018 au chef-lieu de la province a regroupé les provinces de Ngozi, Kayanza, Kirundo et Muyinga. Pour la circonscription judiciaire de Bujumbura, se sont rencontées le 17/12/2018 à Bubanza les provinces de Bubanza, Bujumbura, Mairie de Bujumbura, Muramvya et Mwaro.

 
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