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Questions orales avec débat à l’endroit de trois Membres du Gouvernement.

Publié samedi 8 juin 2019
parChristine Nahimana
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Les Trois Membres du Gouvernement : Au milieu, M. Martin NIVYABANDI, à sa droite, le Docteur Thaddée NDIKUMANA ; à sa gauche, M. Pascal BARANDAGIYE

Le Burundi est en mesure d’exploiter à bon escient son surpeuplement. Ce constat a été dégagé au cours de la séance de jeudi 6 juin 2019 consacré aux questions orales avec débat à l’endroit de trois membres du Gouvernement. Le Ministre de l’Intérieur, de la Formation patriotique et du Développement local, Monsieur Pascal BARANDAGIYE ; le Ministre des Droits de la Personne humaine, des Affaires sociales et du Genre, Monsieur Martin NIVYABANDI et le Ministre de la Santé publique et de la Lutte contre le Sida, le Docteur Thaddée NDIKUMANA ont répondu aux questions formulées au terme de la restitution de deux rapports.

En effet, la commission des Affaires Sociales, du Genre, du Rapatriement, de l’Egalité des Chances et de la Lutte contre le Sida a effectué en deux temps deux missions, toutes en rapport avec la démographie. La première mission effectuée en Ouganda s’est déroulée sous le thème « Renforcer les capacités des décideurs africains en matière de santé de la reproduction et de la planification familiale (SR/PF) : « défis et opportunités ». La deuxième restitution portait sur l’atelier que l’ABUBEF a organisé à Gitega en date du 10 avril 2019. Analyser l’état des lieux de la mise en œuvre de la déclaration de la politique démographique nationale et les dividendes démographiques au Burundi dans le but de dégager des stratégies y relatives, tel était l’objectif de cette journée d’échanges.

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L’Honorable Adolphe BANYIKWA, Président de la Commission

Au cours de cette séance donc, force a été de constater que surpopulation au Burundi est un atout à bien d’égards. A titre exemplatif, le Qatar qui abritera le prochain Mondial s’active dans la construction de différents stades. Aussi le pays compte-t-il parmi sa main-d’œuvre de jeunes Burundais qui se sont aventurés à la recherche du travail. Seulement, ont-ils déploré, ils sont directement engagés par des Kenyans ou des Ougandais. Ces pays ont en effet signé des conventions, contrairement au Burundi. Pour le cas d’espèce, les Membres du Gouvernement ont plutôt privilégié les accords bilatéraux.

Néanmoins, le Ministre Pascal BARANDAGIYE, qui a expliqué le défi persistant de la disproportion entre la part importante de la population consommatrice et la petite portion de la population productrice, conseille d’user de la patience. Pour des questions sensibles touchant directement les mœurs et les coutumes d’un pays, l’imposition d’une loi avec ses corollaires de contraintes n’est pas propice, a-t-il démontré en privilégiant aussi l’harmonisation du langage. Trois enfants suffisent, a-t-il tranché. C’est une question de pédagogie. Soigner d’abord le langage, les gens appliquent ensuite inconsciemment, a-t-il enchaîné. Il a conseillé en outre d’un découdre avec l’usage de certains adage qui ne sont plus d’actualités. Même pour une mère qui vient d’accoucher de son 7ème enfant, on l’encourage de tomber aussitôt enceinte. Il est par ailleurs confiant qu’au fil du temps, la population sera consciente par elle-même de la charge de nombreux enfants.

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Les Membres du Bureau de l’Assemblée nationale

De son côté, le Ministre Martin NIVYABANDI juge que le problème des enfants de la rue devrait être une préoccupation de tout un chacun. C’est une question qui doit être résolue au niveau des communautés, a-t-il insisté en fustigeant néanmoins ceux qui s’en servent en guise de fonds de commerce. La sensibilisation est une voie de sortie sûre, a rapporté le Ministre ayant les Affaires sociales dans ses attributions qui a cité le succès emporté à Gitega et à Kanyosha. Des cas marginaux dont les enfants de la rue et les prostituées sont en effet récupérés dans des centres où ils apprennent différents métiers qu’ils matérialisent une fois retournés chez eux.

Tout en louant l’appui du FNUAP qui intervient à hauteur de 90% en matière des contraceptifs, le Ministre de la Santé publique a avoué la pratique des examens avant de prescrire l’une ou l’autre méthode à une femme. Bien que ces méthodes contraceptives sont octroyées gratuitement aux femmes mariées, le Docteur Thaddée NDIKUMANA a toutefois confié que mêmes les femmes qui ne sont pas mariées ou les filles sont servies. Ces dernières donnent d’ailleurs du fil à retordre du moment qu’elles n’accouchent en clandestinité avec tout le cortège de malheurs dont les fistules. Si par chance elles se dirigent vers des structures de soins, des conseils leur sont prodigués. La vasectomie est de mise pour certains hommes leaders qui sont par la suite primés, s’est réjoui le Ministre de la Santé publique et de la Lutte contre le Sida.

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L’Honorable Adolphe BANYIKWA, Président de la Commission

Certes, la démographie galopante est un défi majeur, a reconnu la plénière qui a aussi exigé la vigilance. En aucun cas, les Députés ne peuvent tolérer des remèdes qui vont à l’encontre des coutumes du pays dont l’homosexualité et l’avortement. L’article 14 de l’Accord de Maputo favorise justement ces pratiques.

 
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