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Assemblée Nationale du Burundi

La saison culturale A intéresse aussi les Honorables Députés

 

« La famine ne sévit pas au Burundi, le pays ne connaît même pas de disette ; seulement, la production agricole a chuté ». C’est l’avis du Ministre de l’Agriculture et de l’Elevage.

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Vue de profil des Honorables Députés

Le Docteur Déo-Guide RUREMA s’exprimait lors de l’entretien avec la Commission de l’Agriculture, de l’Elevage, de l’Environnement, du Développement Communal et des Travaux Publics en date du 09 février 2017. Les Honorables Députés voulaient en effet compléter les informations recueillies du 06 au 09 novembre 2016 auprès des populations de certaines provinces ciblées. A côté de Bubanza, Bujumbura, Cibitoke, Gitega et Kayanza, la Commission s’est aussi rendue à Kirundo, Makamba, Muyinga, Mwaro, Ngozi, Rutana et Ruyigi.

Cette descente s’inscrivait dans le cadre des préparatifs de la saison culturale A 2016-2017, après le coup d’envoi par le Président de la République, en date du 8 octobre 2016 à Gashikanwa en province de Ngozi. La restitution du rapport de ces descentes a été l’objet de la Séance plénière de jeudi 16 février 2017.

La pénurie des boutures de patates douces, la nationalisation du secteur de café, la réduction du volume du sac d’engrais chimique, la remise de l’avance pour ceux qui n’ont pas acheté le sac d’engrais chimique, telles sont les grandes préoccupations des populations. La plénière a été alertée par la pénurie des boutures de manioc, surtout en cette période où l’autre culture salvatrice qu’est le manioc a été menacée par la mosaïque. Certains Députés ont proposé que les régions nanties en boutures de patates douces approvisionnent celles qui enregistrent la carence. Cette option s’est avérée inefficace à cause de la diversité des sols.

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Le Président de l’Assemblée Nationale dirigeant les activités

Une autre opinion a jugé bon de mettre sur le marché ces boutures de patates douces, une expérience qui a porté des fruits à Kirundo en 2000 quand la province connaissait une disette. Il a fallu alors une sensibilisation tout azimut parce que la croyance populaire avait un regard stéréotype sur ce petit commerce. Mais le mieux serait de privilégier les recherches de l’ISABU, ont conseillé les autres Députés.

Quant à la nationalisation du secteur du café, la plénière a jeté un regard rétrospectif pour rappeler que l’opinion populaire s’était opposée à la privatisation de ce secteur. Comme les partenaires au développement ont ignoré cette volonté du peuple, il faut alors mener au préalable des études pour prouver aux bailleurs ce qui n’a pas marché. Face aux grognes des caféiculteurs qui trouvent que leur produit ne rapporte pas beaucoup, comparativement aux autres cultures, là aussi, une sensibilisation s’avère nécessaire.

L’engrais chimique dont le coût est élevé par rapport au pouvoir d’achat des paysans a également retenu l’attention de la plénière. Comme le commerçant commande l’engrais chimique en tenant compte de nécessiteux, il est compréhensible qu’il ne remette pas l’argent à celui qui se serait désisté par manque de moyens financiers. Mais le hic, c’est que pour ce paysan, son avance ultérieure ne sera pas prise en considération au cours de la saison culturale suivante.

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Le Vice Président de la commission agriculture présentant le rapport

Pour pallier à cette situation, il est conseillé de s’associer par groupes de deux, trois ou quatre personnes pour acheter un sac de 25 kilos, en attendant que les sacs de cinq, dix ou quinze kilos soient mis sur le marché. Une autre alternative est de faire usage du fumier organique issu des déchets humains. L’expérience a déjà montré que les pays qui utilisent ce genre de fumier enregistrent de bons résultats.



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URL de l'article: http://www.assemblee.bi/La-saison-culturale-A-interesse