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Assemblée Nationale du Burundi

LE PARLEMENT DONNE SON AVIS SUR LA DECISION DE RENVOYER 1000 PERSONNES DE L’AMISOM POUR LE SEUL CONTINGENT BURUNDAIS

 

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Les membres du Bureau du Parlement en congrès

Il y a quelques temps, le Conseil de Sécurité de l’Union Africaine a décidé de rapatrier sans préavis 1000 soldats burundais en mission de maintien de la paix en Somalie, à travers l’AMISOM. Jeudi le 21 Février 2019, les deux premiers compagnies sont déjà arrivés au Burundi, les 800 militaires restant pour ce premier round devant arriver le 28 Février 2019.

C’est dans ce cadre que l’après-midi de ce même jour, l’Assemblée Nationale et le Sénat se sont réunis en congrès pour donner leur avis sur cette mission de maintien de la paix des troupes burundaises en Somalie et ce rapatriement brusque. Deux membres du Gouvernement ont été invités pour donner des éclaircissements aux représentants du Peuple. Il s’agit du ministre de la Défense Nationale et des Anciens Combattants Emmanuel NTAHOMVUKIYE et du ministre de la Sécurité Publique et de la Gestion des Catastrophes CPC Alain Guillaume BUNYONI.

Ainsi, l’AMISOM, la mission de maintien de la paix en Somalie, qui regroupe les troupes burundaises, kényanes, éthiopiennes et Djiboutienne devrait prendre fin avec l’année 2021. Selon les accords, le processus de retrait des troupes devrait se faire progressivement avec en premier lieu 1000 soldats répartis comme suit : 341 militaires burundais, 129 militaires djiboutiens, 301 militaires éthiopiens et 229 militaires kényans. Mais au grand étonnement du Gouvernement burundais, a poursuivi le ministre en charge de la défense nationale, les 1000 militaires qui sont rapatriés proviennent seulement des troupes burundaises, les autres n’ont pas été touchés. Le Gouvernement du Burundi trouve que c’est une injustice manifeste et un danger pour les 4000 militaires burundais restant en Somalie parce qu’ils voient leur effectif diminuée brusquement. Pour ce, le Gouvernement du Burundi envisage rapatrier tous ses effectifs militaires en Somalie pour les protéger, ils seront accueillis comme de valeureux et dignes fils du pays, a indiqué le ministre Emmanuel NTAHOMVUKIYE.

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Les deux Membres du Gouvernement invités

Quant au ministre de la Sécurité Publique et Gestion des Catastrophes CPC Alain Guillaume BUNYONI, il trouve que cette mesure résulte de l’impérialisme occidental qui trouve profit aux conflits africains. Avec le retrait des troupes burundaises en Somalie, qui étaient les premiers à protéger Mogadiscio contre le groupe terroriste Al Shebab, ces derniers vont en profiter pour reprendre ses anciens territoires et maximiser les attaques. La Somalie va replonger dans la guerre et ceux qui en profitent vont en profiter. C’est le Peuple Somalien qui va revivre les horreurs. Au moment où il y a des conflits diplomatiques entre la Somalie et le Kenya, si les troupes burundaises sont retirées de la Somalie, le groupe Al Shebab retrouvera sa force et ainsi, la Somalie sera une bombe à retardement pour l’Afrique de l’Est. Il trouve que le renvoi des troupes burundaises en Somalie est similaire au renvoi des policiers burundais en République Centrafricaine alors qu’elles étaient les mieux côtés.

La plupart des interventions des Parlementaire a tourné autour d’un point : Que le Gouvernement burundais écrive dans les meilleurs délais au Président en exercice de l’Union Africaine pour lui soumettre ce cas. Il est inadmissible que le Conseil de Sécurité de l’Union Africaine prenne une décision sans l’aval des organes dirigeants de l’Union Africaine, ils doivent donner leurs considérations.

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Vue des Parlementaires

Les autres ont demandé s’il n’y a pas derrière ce dossier la main du Président rwandais Paul KAGAME, qui est le Président sortant de l’Union Africaine ou celle de Pierre BUYOYA, ancien Président de la République du Burundi et cité dans l’assassinat du Président NDADAYE Melchior. Le ministre de la Défense Nationale et des anciens combattants n’a pas écarté cette éventualité à voir les mauvaises relations entre le Burundi et le Rwanda. Quant à Pierre BUYOYA, à voir les relations qu’il a au sein de l’Union Africaine, on peut aussi penser qu’il y est pour quelque chose, tout va se savoir.

A la fin de cette séance, le Parlement en congrès a sorti une déclaration signée conjointement par le Président de l’Assemblée Nationale et celui du Sénat. Dans cette déclaration, le Parlement recommande notamment au Gouvernement burundais de saisir le Président en exercice de l’Union Africaine pour sursoir au programme de rapatriement des troupes burundaises, demande à la commission de l’Union Africaine de reconsidérer la décision d’effectuer la réduction de 1000 personnel de l’AMISOM sur le contingent burundais. Il recommande également au Gouvernement de demander la tenue d’un sommet des Chefs d’Etat des pays contibuteurs des troupes au sein de l’AMISOM afin de parvenir à une situation consensuelle et juste.



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